Pérou: La Cour suprême militaire annule la loi d’amnistie qui protégeait le «Groupe Colina»
Les paramilitaires auteurs de plusieurs massacres en justice
Lima, 17 octobre 2001 (APIC) La Cour suprême militaire péruvienne a annulé la loi d’amnistie promulguée par le Congrès en 1995 – alors entièrement contrôlé par l’ex-président Fujimori – en faveur des paramilitaires du tristement célèbre «Groupe Colina». Cette démarche permettra de traduire devant la justice les membres de cet ’escadron de la mort’ accusés d’avoir commis deux massacres dans les années 90.
Le tribunal a ainsi confirmé le verdict prononcé le 3 septembre par la Cour interaméricaine des droits de l’Homme (Cidh), qui recommandait de poursuivre pénalement le «Groupe Colina», responsable de nombreux homicides d’opposants du président déchu Alberto Fujimori et de paysans rangés du côté de la guérilla.
En 1995, l’amnistie permit l’acquittement des paramilitaires inculpés pour le massacre de 9 étudiants et d’un professeur de l’université Enrique Guzman y Balle, mieux connue comme Université de La Cantuta, perpétré à Lima en 1992.
Sous les ordres de Montesinos, bras droit de Fujimori
Le «Groupe Colina» est en outre accuséé du massacre de Barrios Altos (Lima) commis en 1991, qui s’est soldé par la mort de 15 personnes. Selon les enquêteurs, l’escadron répondait directement aux ordres de l’ancien conseiller présidentiel, Vladimiro Montesinos, également ancien chef des services secrets (Sin), personnage à l’origine du scandale de corruption qui a renversé le gouvernement Fujimori. Fujimori. Ce dernier, en fuite au japon depuis novembre dernier, a été lui-même accusé par le Congrès d’avoir des responsabilités présumées dans les deux épisodes.
Le président Toledo devrait s’entretenir avec des responsables japonais du cas Fujimori, et plus particulièrement de son extradition, pour le faire comparaître devant la justice péruvienne. (apic/mna/re/pr)




