Pérou: Le 4e Sommet des peuples autochtones s’est achevé à Puno
Et pourquoi pas une «nation unie indigène?»
Lima, 1er juin 2009 (Apic) Le 4ème sommet continental des peuples autochtones d’»Abya Yala» – nom par lequel la communauté Kuna du Panama et de la Colombie désignait l’Amérique avant l’arrivée de Christophe Colomb – s’est conclu à Puno, au Pérou, par un accord de principe sur la création de l’Union mondiale des nations indigènes.
Dans la Déclaration du Lac Titicaca, les 5’000 participants issus de 400 communautés autochtones du continent américain (qui forment un total de 40 millions de personnes) ont proclamé le mouvement et la cosmovision indigènes «une alternative à la culture de la mort rassemblant les racines de la spiritualité et proche de la Terre Mère».
Les délégués indigènes ont décidé d’instaurer une organisation chargée de les représenter dans les plus hautes sphères internationales et de défendre les traditions et les droits ancestraux, établissant leurs premiers contacts avec la Conférence des nations sans État d’Europe pour former «une alliance stratégique».
Les participants du Sommet ont également prôné l’instauration d’États indigènes plurinationaux «dans le contexte de crise des États-nations occidentaux» et la création d’un Tribunal de la justice climatique, «pour juger les entreprises multinationales et les gouvernements qui les soutiennent», retenus responsables de la détérioration de l’environnement et du pillage des ressources naturelles des terres ancestrales indigènes.
Les délégués natifs ont annoncé la présence d’une délégation au Danemark en fin d’année à l’occasion de la conférence sur le climat. Le 4ème Sommet des peuples des Amériques a par ailleurs réitéré son refus des traités de libre échange et de toute forme de privatisation des terres des peuples originels qui «doivent être récupérées en tant que source de spiritualité. (…) La terre ne nous appartient pas – conclut la Déclaration -, c’est nous qui lui appartenons». (apic/misna/pr)



