Quel que soit le vainqueur, le pays subira des transformations

Pérou: Les candidats à la présidentielle terminent leur campagne

Lima, 1er juin 2006 (Apic) Près de 10’000 personnes ont participé à la «fête» de clôture de campagne organisée mercredi dans la zone est de Lima par le candidat nationaliste Ollanta Humala, qui s’apprête à affronter dimanche son rival Alan García pour la prochaine présidence du Pérou.

«Nous sommes le vote conscient d’un peuple qui veut changer. Je ne veux pas d’un pays fracturé, avec des candidats de première et de seconde catégorie  » a dit Humala, arrivé en tête au premier tour du 9 avril mais à présent second dans les sondages. Humala, ami des présidents vénézuélien Hugo Chávez et bolivien Juan Evo Morales, a promis un gouvernement «sensible à la douleur du peuple, un gouvernement qui défende le peuple», annonçant en cas de victoire la révision des contrats avec les multinationales et la réduction du prix de l’essence et du gaz domestique.

La partie centrale de son discours a été centrée sur son rival, l’ex-président Alan García (1985-1990), qualifié d’homme «sans vergogne et corrompu» et accusé d’avoir détruit le pays. Humala a également accusé García d’être en réalité l’homme d’Alberto Fujimori (1990-2000), l’ex-président recherché par la magistrature péruvienne et actuellement au Chili. García terminera sa campagne dans les prochaines heures.

Entre pauvreté et richesse

Le modèle néo-libéral qui a permis au Pérou de connaître un boom économique ces cinq dernières années subira de profondes transformations quelque soit le vainqueur de la présidentielle pour combler l’énorme défit social d’un des pays les plus pauvres de l’Amérique du sud. Le pays a certes augmenté ses exportations de 6%; ses réserves sont actuellement supérieures à 14’000 millions de dollars, et le taux d’inflation, 1,3%, est le plus bas de la région et la dette publique a été réduite à 38%. Mais à quel prix. Le taux de pauvreté de ce pays de 27 millions d’habitants a dépassé les 51% en 2005 et l’extrême pauvreté avoisine 20% selon la Banque mondiale. Dans les zones rurales des Andes et d’Amazonie, la pauvreté atteint même 77%. Le modèle néo-libéral a outrance imposé par Toledo a séduit le FMI, mais a laissé sur la touche la grande majorité dans ce pays où l’eau potable et l’énergie électrique n’arrivent pas dans le 80% du territoire. Avec plus de 10% de chômeurs et 60% de sous emplois, assimilables pour beaucoup à des chômeurs vivant de petits boulots informels, les candidats se battent pour obtenir les votes des pauvres. Les deux candidats qui présentent des programmes parfois similaires, ont fait chacun des promesses chocs à l’électorat le plus déshérité, soit la moitié du pays andin. Mais le bouleversement majeur pour l’économie viendrait d’une victoire d’Ollanta Humala, partisan du renforcement de l’Etat, qui n’écarte pas l’idée de certaines nationalisations, à l’image de ce qui se passe en Bolivie. (apic/misna/pr)

1 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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