Pérou: Les familles des victimes de la «sale guerre» des années 80 demandent réparation
Et réclament au gouvernement des indemnités
Lima, 25 novembre 2003 (Apic) Un groupe de parents des victimes de la violence politique au Pérou a demandé au gouvernement du président Alejandro Toledo de verser des indemnisations individuelles pour les deux décennies durant lesquelles «les forces armées ont mis en oeuvre une pratique systématique de violations des droits de l’Homme». Soit durant l’époque de la «sale guerre», qui a fait près de 60’000 victimes.
La Coordination nationale des droits humains, qui confirme la nouvelle, indique que les familles des victimes estiment insuffisante la réparation collective pour les violences et les crimes des forces armées et demandent le versement de sommes individuelles.
Les familles estiment en outre que les réparations collectives se confondent avec les investissements dans les politiques de développement du territoire, comme dans le cas de l’argent promis la semaine dernière par le président Toledo pour la reconstruction des départements andins d’Ayacucho, Apurímac, Huancavelica, Junín et Cuzco afin d’améliorer l’alimentation, les conditions hygiéniques, la santé et l’instruction des communautés résidentes dans ces zones, outre que les infrastructures routières, électriques et des télécommunications.
Vendredi dernier, le président a publiquement demandé pardon à la population pour les faits survenus entre 1980 et 2000 et promis l’approbation d’un plan de paix et de développement pour indemniser les familles touchées par les violences des forces armées.
Selon le rapport présenté le 28 août dernier par la Commission de Vérité et de Réconciliation (CVR), plus de 59’000 personnes ont été tuées ou ont disparu pendant la période en question, dont 54% à cause du mouvement armé d’inspiration maoïste «Sendero Luminoso» et le reste par les forces de sécurité et les paramilitaires d’extrême droite, notamment le Groupe Colina, dont l’activité est mise en relation par la magistrature avec l’ex-président Alberto Fujimori et son conseiller Vladimiro Montesinos. (apic/misna/pr)



