Pérou: Nouvelle charge de l’archevêque émérite de Callao contre la théologie de la libération

«Distinguer entre vraie et fausse libération»

Lima, 12 octobre 1997 (APIC) La théologie de la libération continue «malheureusement» de représenter un problème pour l’Eglise en Amérique latine, affirme l’archevêque émérite de Callao, au Pérou, Mgr Ricardo Durand Florez, dans ses mémoires qui paraissent actuellement sous le titre «Pour qu’ils aient la vie en abondance».

L’ancien président de la Conférence des évêques du Pérou, un jésuite âgé aujourd’hui de 80 ans, est un vieil adversaire de la théologie de la libération – qu’il a combattue des années durant – tout en s’engageant lui-même socialement.

Dans un livre publié il y a neuf ans, «L’utopie de la libéération. Théologie des pauvres ?», Mgr Durand Florez s’en prenait déjà à Gustavo Gutierrez, l’un des «pères» de la théologie de la libération. Il estimait qu’il convenait de travailler intensément afin d’opter en faveur des pauvres «à partir du Christ et non de Marx».

Aujourd’hui, alors que la situation géopolitique a changé, les diverses théologies de la libération ont évolué sous la pression des événements. Mgr Durand Florez relève pourtant que la théologie de la libération continue d’avoir de l’influence dans la vie de l’Eglise péruvienne. «Des théologiens comme Gustavo Gutierrez ont certes changé leur façon de parler, mais ils n’ont jamais corrigé leurs livres ou expliqué que tels ou tels points étaient faux», a-t-il lancé.

Critiques à l’égard de Gutierrez, encouragements du pape

L’évêque émérite pense que la compréhension de l’Eglise comme pure institution humaine, la façon de voir la Rédemption comme le résultat de la justice sociale ou la vision du Christ comme un simple réformateur social «continuen malheureusement d’être une partie de la vie de l’Eglise en Amérique latine». Et de souligner qu’alors qu’il était président de la Conférence épiscopale, le pape Jean Paul II l’avait prié «de distinguer entre la vraie et la fausse libération». Quand il a été blâmé de divers côtés pour s’en être pris au Père Gutierrez, «le pape m’a toujours encouragé», a encore précisé Mgr Ricardo Durand Florez. (apic/kna/be)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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