Carlos Gustavo Castillo Mattasoglio a été nommé archevêque de Lima, au Pérou, le 25 janvier 2019 |  © Conférence des évêques du Pérou
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Carlos Gustavo Castillo Mattasoglio a été nommé archevêque de Lima, au Pérou, le 25 janvier 2019 | © Conférence des évêques du Pérou

Pérou: Un proche de la Théologie de la libération, nouvel archevêque de Lima

27.01.2019 par Jean-Claude Gerez, correspondant de cath.ch en Amérique latine

Après 20 ans passés à la tête de l’archevêché de Lima, le cardinal Juan Luis Cipriani, atteint par la limite d’âge, a été remplacé à ce poste par un prêtre diocésain. Le père Carlos Gustavo Castillo Mattasoglio, élève de Gustavo Gutiérez est réputé proche de la Théologie de la libération.

Il n’aura fallu que quelques heures au Pape François pour désigner le nouveau primat du Pérou. Après avoir accepté, le vendredi 25 janvier, le renoncement du cardinal Juan Luis Cipriani, à la tête du diocèse de Lima depuis vingt ans, le souverain pontife a nommé le même jour son successeur, Carlos Gustavo Castillo Mattasoglio, 68 ans.

“L’Église doit accueillir les jeunes”

Profondément imprégné par la Théologie de la libération et proche de Gustavo Gutiérez, l’un de ses pères fondateurs, le nouvel archevêque de Lima a fait de l’option préférentielle pour les pauvres et de l’accueil des jeunes un axe central de son travail.

“L’option préférentielle pour les pauvres, toujours très actuelle, doit se concentrer aujourd’hui sur les blessures des jeunes, avait il par exemple déclaré en 2016. Le futur de l’Église en Amérique latine passe par l’accueil des pauvres, et spécialement les jeunes, pour qu’ils puissent soigner leurs blessures et devenir des sujets humains et historiques d’une vie féconde”.

Changement de ligne politique

La nomination de Carlos Gustavo Castillo Mattasoglio a d’abord surpris par sa rapidité. Le pape a en effet attendu moins d’un mois après le renoncement du cardinal Juan Luis Cipriani, qui a atteint l’âge canonique de 75 ans, pour nommer son successeur.

Mais c’est surtout le changement radical de ligne politique qui marque les esprits. Alors que le cardinal Cipriani, nommé par Jean Paul II, était l’une des figures de l’Opus Dei en Amérique latine et considéré comme un religieux très conservateur, le pape François a nommé un professeur de théologie de l ‘Université pontificale catholique du Pérou. Un enseignant qui, il y a quelques années, avait été suspendu de ses fonctions par le cardinal Cipriani, dans le cadre d’un bras de fer sur les orientations théologiques de l’université de Lima.

Remplacement des prélats conservateurs

Le changement de cap au sein de l’archevêché de Lima paraissait cependant inévitable. Surtout, il consolide une tendance dans les nominations épiscopales réalisées par le pape François. Les exemples ne manquent pas: Bologne, Chicago, Madrid, Mexico, La Plata…

Dans ces diocèses importants, le pape François a placé des hommes présentant des profils très précis: symboles d’une “Église qui sort de ses murs”, comme il le prêche lui-même. Ces nouvelles figures ont remplacé des prélats considérés comme conservateurs. Des nominations pas toujours très simples à faire accepter et accompagnées de nombreuses résistances. C’est d’ailleurs probablement que qui attend Carlos Gustavo Castillo Mattasoglio. (cath.ch/jcg/mp)


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