Peseux: Mgr Mamie rencontre les missionnaires en congé (300893)
«Ne nous crois pas pauvres»
Peseux, 30août(APIC) C’est à Peseux, dans le canton de Neuchâtel, que Mgr
Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a rencontré samedi
les missionnaires en congé de son diocèse. Thème de la rencontre: «Ne nous
crois pas pauvres». Ce qui a permis de reconnaître la vitalité des Eglises
qui accueillent. Alors que l’histoire, trop souvent, a habitué les missionnaire occidentaux au rôle de ceux qui donnent et qui enseignent. Les groupes missionnaires de la région ont été associés à cette rencontre. L’équipe
missionnaire de Peseux avait pris en charge son organisation.
Dans un premier temps, les missionnaires présents, religieuses et prêtres, vivant pour la plupart dans des Eglises d’Afrique, ont donné des
aperçus de ce qu’ils ont appris de la culture d’autres peuples: l’art de
l’écoute, du temps qui ne compte pas, la capacité de gestes gratuits,
l’étonnement de la joie qui demeure alors que les conditions de vie sont
pourtant si difficiles. S’imprégner de la culture des autres cela ne va pas
de soi, tant certains sont encore habitués à leur montre, à penser les choses à l’avance et parfois à savoir la réponse avant même d’avoir poser la
question! Les témoignages des missionnaires présents se voulaient ni trop
idéalistes, ni trop généraux. Ils ont montré l’extrême diversité des coutumes et des situations: «Les Péruviens m’ont appris à essayer d’accueillir…». «Au Tchad, j’ai peu à peu appris à laisser l’autre exister
d’abord, en acceptant ses longs silences…»
Interpellations de voyages
En écho aux missionnaires en congé, Mgr Mamie a fait part de plusieurs
expériences vécues lors de ses voyages qui lui permettent d’être un pont
entre les Eglises qu’il visite et celle que constitue son diocèse. «Tu m’as
demandé ce que tu pouvais faire pour moi, lui dit un jour cette jeune religieuse tchadienne. Et d’ajouter, presque dans un regret: «Cà veut dire que
nous n’avons rien à te donner?». Ou encore cette phrase recueillie par
l’évêque: «Père, en accceptant que cette petite fille soit ton guide pour
visiter le bidonville, tu lui as montré qu’elle t’était nécessaire, c’est
pour cela qu’elle ne veut plus que tu partes».
Des questions précises
L’échange s’approfondissant, tout le monde cherche à répondre à ces questions: «Pourquoi êtes-vous partis ? Pourquoi repartez-vous? Qu’est ce que
la Mission pour vous? Comment raviver nos groupes missionnaires en Suisse ?
Que dire à nos jeunes? Faut-il encore envoyer des missionnaires laïcs?
Pourquoi ne pas recevoir davantage de prêtres de jeunes Eglises en Suisse
?». Richesse du partage, sans conclusions définitives. Quelques phrases entendues lors de la rencontre de Peseux : «Pour moi, la catholicité est un
échange et si je retourne là-bas, c’est que je crois très important de manifester par ma présence l’universalité de l’Eglise». «Je ne suis plus à
l’aise s’il s’agit seulement de recevoir au lieu de simplement donner: je
voudrais seulement partager pour qu’il y ait échange dans les deux sens.».
Ou encore: «En Suisse, nous sommes trop impatients pour savoir bien accueillir des prêtres venus d’Afrique. Là-bas, on est bien plus patients avec
nous…» «L’oecuménisme est pour vous, en Suisse, une grande chance d’ouverture car il oblige à tenir compte de l’autre et prépare l’échange et
l’accueil des personnes d’autres cultures».( apic/jclm/ba)



