Visite du pape à Jérusalem : Les Israéliens partagés entre indifférence, méfiance et curiosité
Peu d’hostilité mais peu d’intérêt
Jérusalem, 22 mai 2014 (Apic) A Jérusalem, peu de signes annoncent la venue prochaine du pape François, qui n’alimente pas non plus la presse locale de façon excessive. Mises à part les quelques manifestations contre la visite du pontife de juifs extrémistes très minoritaires, une partie de la population israélienne est curieuse de connaître cette figure à la popularité planétaire. D’autres sont simplement indifférents.
Dans les rues du quartier chrétien de la Vieille ville, quelques fanions du Vatican ont été installés, ainsi que deux affiches dont l’une, à proximité du quartier juif, a suscité quelques réactions polémiques du seul fait de sa présence. A part cela, on ne saurait se douter de l’arrivée imminente du chef de l’Eglise catholique. Pourtant, l’organisation bat son plein. Les Israéliens, pour qui le pape François est une figure lointaine, mais sympathique, l’attendent eux aussi.
«J’ai entendu beaucoup de bien de ce pape», confie à I.MEDIA Jonathan, juif religieux d’une trentaine d’années d’origine française. «Je suis curieux de voir ce qu’il a à nous dire, poursuit-il, mais il est clair qu’il faut que le Vatican reconnaisse l’Etat d’Israël». Il semble ignorer que l’Etat d’Israël et le Vatican entretiennent des relations diplomatiques depuis vingt ans.
Concernant la question du Cénacle, dont certains juifs craignent qu’il ne soit restitué à l’Eglise, qui en revendique la propriété, Jonathan estime que les manifestations sont justifiées. «Ici, chaque centimètre de terre compte, ajoute-t-il, nous ne pouvons pas céder, surtout face à des gens qui nous ont fait souffrir pendant 2’000 ans».
Récemment, des juifs extrémistes ont manifesté à proximité du Cénacle, lieu de l’institution de l’Eucharistie et de la Pentecôte, sous autorité israélienne, pour protester contre la venue du pape François. Cette pièce se trouve au-dessus de ce que certains considèrent comme la tombe du Roi David. L’Eglise locale a tout de suite voulu calmer les esprits, en cherchant à expliquer à la presse israélienne qu’une restitution du lieu n’était pas envisagée, mais bien un simple droit d’usage.
Par ailleurs, notamment à proximité de la Porte de Jaffa et du Cénacle, entourés d’une forte présence policière, des enfants et des jeunes juifs distribuaient ces jours-ci des tracts dénonçant la «responsabilité» du pape et du christianisme dans les «souffrances de l’humanité».
Méfiance et attentes
Au-delà de ces éléments marginaux et médiatiques, la plupart des gens se montrent plutôt heureux du prochain passage du pape dans la région. «Bien sûr que je suis content qu’il vienne !», s’exclame ainsi Eliham, jeune policier de 21 ans qui sera chargé de prendre des photos pour son unité tout au long de la visite du pape. Non loin de là, deux jeunes soldats soulignent quant à eux ne pas avoir d’opinion sur le sujet. «Nous ne le connaissons pas vraiment», disent-ils simplement en haussant les épaules.
Pour le rabbin Dov Maïmon, chercheur au Centre politique du peuple juif, le Vatican devrait reconnaître les droits historiques du peuple juif sur la région et Jérusalem comme capitale historique et éternelle des juifs. Pour lui, les juifs doivent encore surmonter la «méfiance» qu’ils ressentent parfois envers les chrétiens, même si «l’Eglise a fait un long chemin.» (apic/imedia/mm/mp)




