Philippines: Appel au calme de Mgr Capalla, alors l’insécurité va croissant
«Climat révolutionnaire»
Manille, le 11 septembre 2003 (Apic) Le nouveau président élu de la Conférence épiscopale des Philippines, Mgr Fernando Capalla, a lancé un appel au calme alors que se multiplient les accusations de corruption et les contre-accusations de la part des camps politiques adverses. La population est de plus en plus inquiète en raison des rumeurs de coup d’Etat, souligne en outre le prélat.
«Il n’y a aucun avenir pour notre pays et notre peuple sans pardon», a déclaré Mgr Fernando Capalla archevêque de Davao, au sud des Philippines, dans une lettre ouverte à la presse sur plusieurs sujets, entre autres sur la campagne politique.
«A tous ceux qui sont préoccupés, et doivent l’être, par ’le climat révolutionnaire inquiétant, je demande de réfléchir attentivement aux paroles de pape Jean Paul II ’Il n’y a pas de paix sans justice, ni de justice sans pardon’»
Mgr Capalla évoque, entre autres, la tentative échouée de mutinerie par des soldats contre le gouvernement de la présidente Gloria Macapagal Arroyo en juillet et les rumeurs persistantes de coup d’Etat qui entraînent un sentiment d’insécurité aux Philippines. Des porte-parole de la présidente ont reconnu que le gouvernement avait été menacé par des «complots déstabilisateurs».
Médias montrés du doigt
D’autres signes sont révélateurs de l’instabilité politique, souligne l’archevêque Capalla, entre autres, la récente suspension d’un gouverneur de la banque centrale, les accusations répétées de blanchiment d’argent portées par un sénateur de l’opposition contre le mari de la présidente et «l’attitude inhabituelle des médias, qui semblent se concentrer plus sur les mauvaises nouvelles» que sur les pourparlers de paix entre le gouvernement et les rebelles islamistes.
«Ce qui aggrave encore plus la situation est la tendance des Philippins à croire dans les médias sans discernement», ajoute l’archevêque, qui reproche aussi aux leaders politiques de diviser le pays.
«L’accent est mis beaucoup plus sur les processus de division que ceux d’unification. Ceci est inquiétant car les responsables, qui occupent des positions de pouvoir et peuvent avoir une influence sur la vie de la population, contournent l’autorité de la loi pour atteindre leurs buts néfastes.». (apic/eni/sh)




