Philippines: Campagne pour sauver un Philippin condamné à mort en Arabie Saoudite

15’000 dollars pour éviter la décapitation grâce au «diyah»

Manille, 17 octobre 2002 (APIC) Des Philippins se cotisent pour sauver un de leurs compatriotes condamné à la peine de mort en Arabie Saoudite pour avoir tué accidentellement un autre travailleur étranger, Népalais. Primo Gasmen devrait être décapité en janvier 2003 sauf si une somme suffisamment importante est recueillie et versée à la famille de la victime. Selon le droit musulman en Arabie Saoudite, un condamné peut en effet éviter l’exécution grâce au «diyah», une réparation matérielle en cas de mort accidentelle ou de blessure.

La Commission épiscopale philippine pour la pastorale des migrants et des gens du voyage ainsi que l’Administration gouvernementale pour l’aide sociale aux travailleurs d’outre-mer ont jusqu’à présent réussi à réunir 277’000 pesos (5’250 euros) pour sauver Primo Gasmen, leur compatriote condamné à mort pour meurtre en Arabie Saoudite, indique «Eglises d’Asie». La campagne «Un peso pour Primo» est la première phase d’un projet baptisé «Tulong Mo, Buha Ko» (Votre aide pour ma vie), qui réunit des fonds pour aider les 44 Philippins condamnés à mort en Arabie Saoudite.

Primo Gasmen, qui avait trouvé à s’embaucher comme contremaître en Arabie Saoudite, doit être décapité en janvier 2003 pour avoir tué un Népalais, ouvrier comme lui, Khim Bahadur, au cours d’une bagarre au couteau en 1998. Le dossier de Gasmen préparé par l’Administration philippine pour l’aide sociale aux travailleurs migrants stipule que Gasmen a «tué accidentellement» Gurung après que celui l’eut agressé pour une affaire de dette.

Dans un communiqué en date du 23 septembre dernier, Mgr Ramon Arguelles, évêque philippin aux armées et président de la Commission des migrants, a déclaré que l’ambassade des Philippines en Arabie Saoudite avait pris contact avec la famille de la victime après la condamnation à mort pour meurtre de Gasmen. La condamnation à mort en Arabie Saoudite consiste en une décapitation publique mais, selon le droit musulman, un condamné peut éviter l’exécution grâce au «diyah», une réparation en cas de mort accidentelle ou de blessure qui prend le plus souvent la forme d’une somme d’argent remise à la famille de la victime.

Plus de 915’000 travailleurs philippins en Arabie Saoudite

Mgr Arguelles a donc lancé une campagne en faveur de Gasmen et cherche les moyens de rassembler un diyah de 15’000 dollars qui sera envoyé à la famille du Népalais. Celle-ci avait initialement demandé 100’000 dollars. Après l’intervention de l’ambassade auprès de la famille népalaise, la somme a été considérablement réduite.

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), depuis novembre 1995, 438 Philippins ont été ou sont toujours détenus dans les prisons d’Arabie Saoudite. En décembre dernier, la Commission gouvernementale philippine des ressortissants d’outre-mer chiffrait à 915’239 le nombre des Philippins travaillant dans ce pays. Au total, selon les chiffres officiels de Manille, 7,8 millions de Philippins travaillent à l’étranger. On estime que ces derniers enverraient au pays entre 8 et 10 milliards de dollars chaque année. (apic/zn/eda/pr)

17 octobre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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