Musulmans manipulés par une compagnie étrangère?
Philippines : Des chrétiens assassinés par des inconnus
Manille, 8 décembre 2000 (APIC) Le dirigeant d’une communauté chrétienne philippine et cinq membres de sa famille ont été assassinés par des inconnus le mois dernier à Barangay Lasak (paroisse de Columbio, Cotabato Nord, île de Mindanao, sud des Philippines). Les faits n’ont été rapportés qu’aujourd’hui par des sources de l’agence missionnaire Misna désirant rester anonymes.
L’homme s’appelait Geronimo Eleccion et dirigeait la > (GKK – Communauté chrétienne de base), qui, au-delà de ses tâches religieuses, s’occupe aussi des problèmes sociaux et politiques de la région. Le 12 novembre à l’aube, dix hommes armés ont pénétré chez lui et ont ouvert le feu, tuant son épouse Luzviminda, secrétaire et trésorière du GKK, son fils unique, sa belle-soeur, la catéchiste du GKK Gemma Bianzon, son fiancé et le neveu de Luzviminda, un enfant de cinq ans. Geronimo, 57 ans, s’est fait passer pour mort jusqu’à ce que les agresseurs quittent les lieux. Emmené à l’hôpital, il a raconté les faits aux forces de l’ordre, précisant que les tueurs parlaient la langue locale des musulmans, mais aussi le dialecte d’une tribu appelée B’laan.
Expropriation de terres
De source officielle, on pense que les auteurs des crimes appartiennent au Front de libération islamique Moro (FLIM), groupe séparatiste musulman actif à Mindanao. Mais depuis quelques années, le GKK soutient des paysans locaux dans le cadre d’une action de résistance contre la «Western Mining Company», compagnie australienne souhaitant implanter de nouvelles mines dans la région. Depuis peu, la construction d’une route visant à faciliter les activités minières, contestée par la population locale, a repris. «La construction d’une route entraîne le déboisement et l’expropriation des terres appartenant aux habitants locaux. Les autorités promettent des dédommagements mais ne tiennent jamais leurs promesses», explique un témoin interrogé par Misna.
L’une des explications de ce massacre pourrait donc être, écrit l’agence, «l’intention de décourager la résistance populaire, également manifestée par les communautés chrétiennes, en soudoyant de pauvres gens, musulmans et tribaux qui, pour pouvoir manger, en arrivent à tuer». (apic/cip/mna/mjp)



