Les attentats attisent la haine entre catholiques et musulmans
Philippines: Eglises et gouvernement veulent désamorcer les tensions religieuses
Manille, 8 avril 2003 (Apic) Des Eglises philippines et plusieurs membres des autorités gouvernementales tentent de désamorcer les tensions religieuses après les attentats commis contre trois mosquées, quelques heures après l’explosion d’une bombe à Davao, dans le sud des Philippines.
L’attentat a fait une vingtaine de morts et 40 blessés. Les tensions sont de plus en plus vives entre catholiques et musulmans du pays, en raison du contexte local mais aussi international, avec la guerre en Irak.
Le vice-président philippin Teofisto Guingona annonce la convocation d’une réunion des principaux chefs religieux cette semaine. But de la réunion, tenter d’empêcher que le conflits entre factions dans le sud des Philippines de se transforme en une guerre religieuse déclarée.
Le président de la Conférence des évêques philippins, Mgr Orlando Quevedo. archevêque de Cotabato, a condamné sans équivoque l’attentat commis à Davao, comme ceux perpétrés contre trois mosquées, le 2 avril.
Ces derniers attentats n’ont provoqué ni mort, ni blessé. Il s’agit d’un acte de représailles, estime la police. Les représentants des Eglises et du gouvernement pensent qu’ils ont comme but de provoquer un conflit religieux.
Les actions contre des lieux sacrés comme les mosquées visent à attiser les sentiments et les préjugés religieux et à introduire une dimension religieuse dans un conflit qui est avant tout d’ordre politique et économique, a estimé Mgr Quevedo.
Les chrétiens, pour la plupart catholiques, représentent 92% de la population, les musulmans 5% et les bouddhistes 3%.
Invitation au dialogue
Le groupe Abu Sayyaf a revendiqué l’attentat de l’aéroport. Mais les responsables de la police et de l’armée l’ont attribué au Front islamique moro de libération (MILF), groupe rebelle luttant pour un Etat séparé dans le sud des Philippines. Le MILF a cependant démenti toute participation.
Depuis l’incident de l’aéroport, plusieurs groupes comme le Forum des peuples de Mindanao, qui regroupe des représentants de la société civile et des Eglises, et le Forum des leaders musulmans de Mindanao, encouragent le gouvernement et le MILF à reprendre des négociations de paix. (apic/eni/pr)



