Les habitants sont relâchés, pas le prêtre
Philippines: Enlèvement d’un missionnaire italien et de onze autres personnes
Rome, 9 Septembre 1998 (APIC) Le père Luciano Benedetti, missionnaire italien de 56 ans appartenant à l’Institut pontifical des Missions étrangères de Milan (PIME), est actuellement aux mains d’une bande de ravisseurs, aux Philippines, annonce l’agence de presse internationale Fides, organe de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples.
Onze autres personnes, dont des enfants, ont été enlevées dans la nuit du 8 au 9 septembre à Dipolog, dans l’île de Mindanao, par une trentaine d’hommes armés et masqués qui ont fait irruption dans la coopérative de la mission. Elles ont été relâchées. Les rebelles auraient aussi emporté des vivres.
Le Père Giulio Mariani, Supérieur régional du PIME des Philippines a rencontré l’évêque de Dipolog, Mgr José Manguiran, et le gouverneur de la région, pour envisager une action en vue de la libération du missionnaire.
Le Supérieur se montre optimiste: «Il y a des chances de le retrouver. Les groupes de rebelles veulent en effet de l’argent, pas des victimes. Ils sont affamés et protestent contre l’incurie du gouvernement». Les rebelles musulmans appartiendraient au groupe extrémiste «Abu Sayyaf», selon des sources policières citées par une agence de presse internationale. Le groupe aurait récemment passé une alliance avec le mouvement séparatiste musulman «Front Moro islamique de libération» (MILF) pour mener des actes d’enlèvements de personnes. Aucune demande de rançon n’est parvenue pour le moment, et l’enlèvement n’a pas été revendiqué.
Le Père Benedetti se rendait à Dipolog de temps en temps pour des motifs pastoraux ou pour y célébrer la messe. Il exerce son ministère à Sibuco, une mission qu’il a fondée lui-même. Il pourrait donc s’être trouvé impliqué par hasard dans cet enlèvement, ou ses ravisseurs pourraient l’avoir appelé sous un faux prétexte pour l’enlever.
L’évêque a lancé un appel aux «Ulama» musulmans, avec lesquels des rencontres régulières ont lieu. Ceux-ci ont affirmé qu’ils étaient prêts à chercher un contact avec les ravisseurs, en vue d’une négociation.
Pour sa part, le gouverneur a mis en place une équipe pour étudier une stratégie et coordonner les recherches, mettant toutes les troupes de l’île en état d’alerte. Les ravisseurs devraient se trouver encore sur la péninsule de Zamboanga.
Le Père Mariani décrit le missionnaire comme une personne «pacifique et sereine», un bon connaisseur de la langue et de la culture locale, étant présent dans la région depuis 15 ans. (apic/imed/ab)



