Philippines: «Guerre» ouverte contre les jeux d’argent et les tripots de Baguio City
Des dirigeants d’Eglises s’unissent
Manille,26 août 2007 (Apic) Des dirigeants d’Eglises au nord des Philippines se sont unis pour faire la guerre à toutes les formes de jeux d’argent et de hasard, légales et illégales, qui seraient à l’origine de la «dépravation» des fonctionnaires et des étudiants à Baguio City, un centre universitaire situé au nord de Manille.
«Nous devons élaborer des plans et concevoir des stratégies pour mettre vraiment un terme à cette menace que représentent les jeux d’argent et nous descendrons dans la rue s’il le faut», a déclaré le pasteur Donald Soriano, des Ministères Bethesda, une Eglise évangélique, lors d’une réunion oecuménique qui s’est tenue dans cette ville le 20 août.
Dans cette ville située à 350 kilomètres de Manille, la capitale, environ 50’000 des 350’0000 habitants sont des étudiants.
Des dirigeants d’Eglises catholique, protestante et évangélique rassemblés au sein du Groupe oecuménique Baguio-Benguet se sont engagés à soutenir la campagne «anti-jeux et anti-vice», menée par un conseiller municipal. Son but est de faire de Baguio City, la capitale du pays en été, «une ville de caractère», où «les autorités sont vertueuses et les citoyens disciplinés».
Dans un discours en date du 13 août, le conseiller Galo Weygan, un prédicateur laïc évangélique cité par l’Agence oecuménique ENI, a déclaré que les paris clandestins où on joue gros, les jeux vidéos transformés en machines à sous illégales et autres jeux d’argent et de hasard étaient «protégés» par quelques officiers de l’armée et des policiers et probablement par quelques hauts responsables civils.
Policiers complices
Les autorités ont rejeté ces allégations. Galo Weygan a cité le cas de huit tenanciers que le groupe anti-vice mis sur pied par le conseiller avait fait arrêter récemment, mais que la police avait relâchés par la suite.
«Quand des policiers nous accompagnent lors des descentes dans les tripots qui nous sont signalés par des informateurs, il nous arrive souvent de rentrer bredouille parce que les tenanciers, ainsi que nous l’avons constaté, ont été avertis par des policiers au moyen de messages sous forme de textes qu’ils reçoivent sur leur téléphone portable», a ajouté Galo Weygan.
«En tant que dirigeants d’Eglises, nous devrions aider Galo Weygan car sa vie est danger du fait qu’il s’est mis au premier plan en participant à des coups de filet dans des tripots très protégés», a déclaré le pasteur Simplicio Dans-awan Jr, de l’Eglise unie du Christ aux Philippines.
Galo Weygan a révélé que des parents s’étaient plaints parce que leurs enfants manquaient les cours pour aller jouer sur des machines à sous et au bingo. «Comme ces enfants abandonnent leurs études, ils finissent par devenir des membres et des chefs de gangs de jeunes dans la rue, ce qui représente à présent un grave problème dans notre ville», a-t-il déclaré à la dernière réunion du groupe oecuménique le 20 août.
Selon Andres Cosalan, un prêtre catholique qui préside le programme social du diocèse de Baguio, le groupe oecuménique ne devrait pas mobiliser seulement des membres du clergé mais aussi des organisations civiles et des écoles pour promouvoir la campagne anti-jeux et anti-vice. (apic/eni/pr)




