Philippines: L’Eglise catholique en garde contre «les pièges de l’émigration»
Un Philippin sur dix travaille hors de son pays
Manille, 12 mars 2003 (Apic) 10% des Philippins travaillent hors de leur pays, dispersés dans 190 Etats. L’Eglise catholique met en garde le gouvernement contre «les pièges de l’émigration». Et contre les effets déstabilisants pour la société philippine de l’encouragement excessif à l’émigration. Manille est également montré du doigt pour fermer les yeux sur la prostitution: chaque année, de nombreuses filles sont attirées au Japon par des contrats d’»artiste du spectacle», autorisés par Manille.
S’exprimant lors de la récente Journée des Migrants, 17e du nom, Mgr Ramon Arguelles, président de la commission épiscopale pour la pastorale des migrants, a estimé que l’absence d’un ou des deux parents a «forcément un impact négatif sur la croissance des enfants et sur les relations familiales». Une situation qui, selon le prélat, tôt ou tard aura un effet sur toute la société.
Au moins 70% des Philippins a un parent émigré. Mgr Arguelles a voulu rappeler en particulier la situation des citoyens philippins qui travaillent dans les pays tourmentés du Proche-Orient et du Golfe Persique, qui traversent un moment difficile.
Pour répondre aux préoccupations de l’Eglise sur l’impact de l’émigration au sein de la famille, le Bureau philippin pour les travailleurs à l’étranger a souscrit un mémorandum avec l’organisme présidé par Mgr Arguelles afin de permettre aux familles de bénéficier du travail à l’étranger des parents mais aussi de déblayer le terrain pour leur permettre une bonne réinsertion dans la société au moment de leur retour au bercail.
Etat proxénète?
Dans la foulée des déclarations de l’évêque, le Père Robert Reyes, aumônier de l’Université des Philippines, a exprimé une critique au gouvernement, faisant part de sa préoccupation pour le sort réservé aux jeunes femmes allant au Japon. Des filles attirées par des contrats d’»artiste du spectacle», autorisés par Manille.
Le Père Reyes et un groupe de jeunes filles ayant vécue une situation d’exploitation sexuelle au Japon, ont marché jusqu’au bâtiment abritant le Département du Travail de Manille et réclamé aux autorités un plus grand contrôle. Afin, ont-ils dit de ne pas favoriser ou légitimer ce qui n’est en réalité que le trafic international de la prostitution. (apic/misna/pr)




