Philippines: «La religieuse des pauvres» est décédée à l’âge de 72 ans

Christine Tan n’hésitait pas à s’attaquer aux puissants

Manille, 8 octobre 2003 (Apic) La religieuse catholique Christine Tan est décédée d’un cancer le 6 octobre, à l’age de 72 ans. Elle avait choisi d’abandonner une vie confortable et de consacrer sa vie aux pauvres de Manille et à la défense des droits, allant même jusqu’à s’attaquer au président.

Soeur Christine Tan, de l’ordre du Bon-Pasteur, a été religieuse pendant 40 ans et a servi au sein du mouvement oecuménique «Justice et paix» et de nombreuses organisations de défense des droits humains, souligne dans un hommage l’agence d’information oecuménique ENI. Née dans une famille riche de sept enfants, elle a choisi d’être religieuse et de travailler au milieu des pauvres du district de Malate à Manille.

Maria Ceres P. Doyo, une ancienne novice de l’ordre du Bon-Pasteur devenue journaliste, auteur de biographies de nombreuses personnalités religieuses et notamment de Christine Tan, a rappelé les paroles que celle- ci avait prononcées peu avant de mourir: «Je n’ai aucun regret. J’ai tout donné.»

Avec d’autres soeurs du Bon-Pasteur, Christine Tan a vécu dans les communautés défavorisées de Malate pendant plus de 20 ans. Elle a mis en place la Communauté chrétienne Alay Kapwa (groupe de soutien aux pauvres). Ella a participé à l’organisation de coopératives et à la création créer d’emplois dans plusieurs régions des Philippines.

«Mais surtout, elle a encouragé les pauvres à se rapprocher de Dieu par la prière et à vivre selon l’Evangile», a écrit Maria Doyo dans le quotidien «Daily Inquirer». «Elle voulait qu’ils retrouvent leur dignité.» Selon la journaliste, «elle voyageait avec presque rien, avec seulement ce qu’elle possédait dans la petite demeure des religieuses» et ses effets personnels pouvaient être contenus dans une petite valise. Christine Tan était au nombre de ceux qui ont protesté contre les arrestations sans mandat, les emprisonnements, la torture et les exécutions sommaires des opposants au régime de l’ancien dictateur Ferdinand Marcos et à l’application de la loi martiale (1972-1986). Après le départ de celui-ci, la religieuse a été nommée au sein du groupe chargé d’aider à rédiger la constitution de 1987. (apic/eni/bb)

8 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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