Aucune rançon n’aurait été versée
Philippines: Le Père missionnaire italien Luciano Benedetti libéré
Manille, 16 novembre 1998 (APIC) Le Père italien Luciano Benedetti, missionnaire des Missions étrangères de Milan (PIME), a été libéré lundi à l’aube à Labuan aux Philippines après deux mois de prison. Il avait été enlevé le 6 septembre à Dipolog par une groupe de rebelles musulmans. Selon le gouvernement de Manille, aucune rançon n’a été versée pour sa libération.
Emprisonné à Zamboanga, dans l’île de Minadanoa, il a été remis en liberté dans la ville de Cotabato en présence du supérieur régional du PIME, le Père Giulio Mariani, de l’ambassadrice italienne aux Philippines, Graziella Simbolotti, des autorités militaires et civiles et de leaders religieux musulmans.
La libération aurait eu lieu grâce à l’intervention d’une centaine de rebelles et la médiation de la guérilla islamique, et en échange de la liberté de la douzaine de bandits responsables de l’enlèvement, il y a deux mois. Onze autres personnes (dont des enfants) avaient été enlevées dans la nuit du 8 au 9 septembre à Dipolog, dans l’île de Mindanao, par une trentaine d’hommes armés et masqués qui ont fait irruption dans la coopérative de la mission. Mais elles avaient été relâchées.
Le PIME, l’Eglise catholique philippine et le gouvernement de Manille affirment de concert n’avoir versé aucun rançon aux ravisseurs pour la libération du Père Benedetti. Sa mise en liberté, selon des sources gouvernementales, ne serait que le fruit que d’incessantes négociations avec les rebelles, favorisées il est vrai par l’intermédiaire de dirigeants musulmans.
Rencontre avec le président philippin
Le Père Luciano Benedetti, heureux de retrouver la liberté, se trouve en bonne santé physique. Il a déclaré lundi «avoir été bien traité par ses ravisseurs». Il s’est rendu immédiatement à Manille où il devrait rencontrer vendredi Joseph Estrada, président des Philippines. Le missionnaire souhaite ensuite faire un bref séjour auprès de sa famille en Italie, puis revenir aux Philippines pour poursuivre son ministère pastoral.
La Conférence épiscopale des Philippines a exprimé lundi sa joie devant la libération du missionnaire italien, tout en rappelant que le rapt d’innocents est actuellement une plaie dans le pays et une cause de souffrance pour les personnes concernées et pour tout le pays. De janvier à septembre de cette année, on compte 146 victimes (principalement des hommes d’affaires) de 83 enlèvements, ce qui a contraint le gouvernement à payer en tout 35,3 millions de pesos ( environ 1’700’000 francs suisses).
Les rebelles musulmans, auteurs principaux de ces enlèvements appartiendraient au groupe extrémiste «Abu Sayyat». Ce groupe aurait passé en fin août une alliance avec le mouvement séparatiste musulman du «Front Moro islamique de libération (MILF)». (apic/fides/ba)



