Philippines: Les évêques demandent des négociations de paix avec le NDF
«Même si ses membres sont des terroristes»
Manille, 29 janvier 2003 (APIC) La Conférence Episcopale des Philippines (CBCP) a adressé le 28 janvier au gouvernement une invitation à poursuivre les négociations de paix avec le NDF (Front Démocratique National). Les prélats ont lancé leur message quelques jours après l’assassinat de l’ex- commandant communiste Romulo Kintanar, attribué au NDF. Ils ont également dit un «non» clair à une intervention armée en Irak.
«Les évêques sont pour la paix» a déclaré lors d’une conférence de presse l’archevêque Orlando Quevedo, président de la CBCP et archevêque de Cotabato, «c’est pourquoi nous croyons aux négociations de paix. Bien qu’il ait été prouvé que les hommes de la NPA sont des terroristes» a ajouté le prélat. «J’estime toutefois qu’il est nécessaire de dialoguer de manière à ce que ne soient plus commis d’homicides de ce genre, qui pourraient être interprétés comme des actions terroristes. Parlez, au lieu de tuer!» a lancé Mgr Quevedo dans une déclaration reprise par l’agence d’information missionnaire MISNA.
Samedi dernier, un porte-parole du NDF, groupe lié aux guérilleros communistes de la Nouvelle Armée Populaire (NPA), avait admis la responsabilité de son mouvement dans l’homicide de Kintanar. Cet ancien leader de la NPA a été arrêté par l’armée puis libéré en 1993. L’homme, assassiné dans un restaurant de Quezon City, au nord du pays, était impliqué depuis plusieurs années dans des projets de développement et de pacification nationale, avec l’ancien président Joseph Estrada, puis avec l’actuelle présidente Gloria Macapagal Arroyo.
Il est presque impossible de parler d’une guerre juste
Par ailleurs, les évêques philippins ont lancé un «non» haut et clair à la probable, pour ne pas dire imminente guerre contre l’Irak. Mgr Orlando B. Quevedo, a adressé au nom de tous les évêques, un «fort appel qui vient du coeur aux leaders de l’Irak, aux Nations Unies et en particulier aux Etats- Unis, afin qu’ils résolvent sans avoir recours aux armes les graves questions qui pourraient causer le conflit». Dans cette conjoncture historique particulière, a ajouté le prélat, «avec des armes d’une rapidité exceptionnelle qui peuvent provoquer des dévastations incroyables et menacer la sécurité du monde entier, il est presque impossible de parler d’une guerre juste».
L’archevêque a souhaité que la présidente des Philippines, Gloria Macapagal Arroyo, écoute l’appel de la CBCP et décide de ne pas soutenir une attaque contre l’Irak qui n’ait pas l’autorisation explicite des Nations-Unies. Nombreux sont ceux qui craignent en effet que le chef d’Etat, jusqu’à présent toujours d’accord avec l’administration américaine, surtout en matière de lutte contre le terrorisme, choisisse d’appuyer ouvertement une possible déclaration de guerre du président George W. Bush contre l’Irak. (apic/imedia/bb)




