Philippines Les évêques dénoncent fermement l’accord militaire avec les Etats-Unis

«Un accord entre maître et laquais»

Manille, le 15 juillet 1998 (APIC) L’accord signé entre les militaires des Etats-Unis et les Philippines n’est rien d’autre qu’un «accord signé entre le maître et le laquais», estiment les évêques philippins, dans une déclaration de quatre pages, récemment rendue publique à Manille.

La Conférence épiscopale des Philippines, présidée par l’archevêque Oscar Cruz, vient en effet de publier une déclaration pastorale dans laquelle elle déclare s’opposer à un accord sur les forces militaires des Etats-Unis basées aux Philippines (FVA).

La déclaration de quatre pages dresse une liste de neuf dispositions controversées de cet accord bilatéral négocié entre le ministre des Affaires étrangères philippin Domingo Siazon et l’ambassadeur des Etats-Unis Thomas Hubbard en février, qui accorde des privilèges spéciaux au personnel militaire et civil des Etats-Unis.

«Quelle ironie», indique la déclaration, que cet accord intervienne juste après la célébration du centenaire de l’indépendance des Philippines. L’accord devrait être soumis au Sénat pour ratification avec le soutien du nouveau président des Philippines, Joseph Estrada.

Entre autres clauses controversées de cet accord, figurent le libre mouvement de la flotte aérienne et militaire, la juridiction militaire en cas de délit du personnel des forces américaines, l’exemption de visas et l’absence de précisions concernant la date d’expiration.

Les évêques craignent l’entrée éventuelle dans le pays d’armes nucléaires et le danger que pourraient représenter les exercices militaires pour les habitants, les animaux et l’environnement.

Négociations secrètes

L’accord actuel a été négocié sans consultation publique préalable, critiquent aussi les évêques. Ils réclament la renégociation de l’accord en vue de supprimer toute ambiguïté et de lui donner le caractère d’un «traité entre deux nations souveraines». Citant l’Encyclique «Gaudium et Spes», les évêques soulignent que «notre gouvernement ne devrait accepter que des accords qui assurent la paix des êtres humains».

Plusieurs groupes s’opposent à cet accord: entre autres des militants pour qui il s’inscrit dans un plan de renforcement de la présence militaire des Etats-Unis dans la région Asie-pacifique, et notamment ceux qui protestent contre l’incapacité des militaires américains à débarrasser les déchets toxiques de leurs bases terrestres. (apic/eni/pr)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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