Philippines: Les évêques lancent un cri d’alarme face à la triple crise que traverse le pays

Manille, 2 juillet 2001 (APIC) Les enlèvements par le groupe Abu Sayyaf, le procès contre le président Estrada, l’éruption du volcan Mayon: ce sont les trois plaies qui touchent les Philippines et qui appellent une solution rapide, estime le cardinal Jaime Sin, archevêque de Manille, dans un appel qu’il adresse à tous les Philippins.

A propos de la prise d’otages dans le sud du pays, où le groupe Abu Sayyaf détient toujours une vingtaine de personnes et en a déjà tué deux, le cardinal Sin invite à prier «pour que les otages soient relâchés rapidement, que les familles retrouvent la paix, que les crimes s’arrêtent et que les criminels mettent fin à leurs activités inhumaines, illégales et immorales».

Mgr Quevedo, président de la conférence des évêques du pays, a invité de son côté à faire la distinction entre le «Moro Islamic Liberation Front», qui a des aspirations légitimes d’autonomie, et Abu Sayyaf, un groupe terroriste qui ne représente pas les gens et commet des atrocités sur des civils innocents. «Les mettre sur un même plan ne sert qu’à aviver la haine entre musulmans et chrétiens», a-t-il déclaré à l’agence vaticane Fides.

Au sujet du procès en cours contre le président Estrada, accusé de corruption et d’abus de pouvoir, le cardinal Sin demande au ministère public et à la défense d’accélérer la procédure. «Si le président Estrada est innocent, un procès rapide lui permettra de retourner aussitôt chez lui ; s’il est coupable, on donnera au pays l’occasion d’imposer l’Etat de droit», déclare le cardinal, qui exige transparence et vérité.

Changements drastiques

L’éruption a contraint plus de 40’000 personnes à trouver abri dans des camps de fortune dressés en hâte. Les centres ne sont pas équipés et ne peuvent subvenir aux besoins des gens. C’est pourquoi le cardinal demande aux gens de faire preuve de solidarité, afin que les conditions dans lesquelles se trouvent les enfants et les personnes les plus faibles n’empirent pas. Le Secrétariat national d’action sociale, affilié à la Conférence épiscopale, a distribué sans tarder des aides de première urgence. (apic/cip/fs/pr)

2 juillet 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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