le dialogue avec le président Fidel Ramos
Philippines: Les évêques prêts à renouer (141093)
Polémiques à propos du contrôle des naissances
Aix-la-Chapelle, 14octobre(APIC) Après les fortes tensions avec le gouvernement philippin provoquées par le programme gouvernemental de contrôle
des naissances et l’appel des évêques à la «désobéissance civile», l’Eglise
catholique aux Philippines souhaite renouer le dialogue avec le président
Fidel Ramos. En visite à l’oeuvre d’entraide catholique internationale Missio à Aix-la-Chapelle, Mgr Carmelo Dominador F. Morelos, évêque de Butuan
et président de la Conférence épiscopale des Philippines, a déclaré que les
évêques n’exigent pas un arrêt total de la campagne du gouvernement.
Fidel Ramos tient beaucoup à ce que, sur cette question de première importance qu’est le contrôle démographique, toutes les forces vives de la
société se rassemblent autour d’un même dénominateur commun. Il estime en
effet que le pays ne peut se permettre de se diviser dans un domaine aussi
fondamental.
L’évêque de Butuan a indiqué que le Ministère de la santé publique a accepté de retirer sa menace de licencier les travailleurs de la santé catholiques qui refuseraient de suivre les directives gouvernementales en matière de contrôle des naissances.
En août dernier, les évêques avaient interrompu le dialogue avec les
autorités de Manille suite à une campagne gouvernementale qui prône les
moyens artificiels de contraception dans le but de limiter la croissance
démographique et la propagation du sida.
L’Eglise ne s’accommode pas d’un compromis
«Nous n’exigeons pas un arrêt total de la campagne», a expliqué le président de la Conférence épiscopale. Mais une discussion paraît indispensable aux évêques afin de déterminer quels volets de cette campagne l’Eglise
peut soutenir et ceux sur lesquels le gouvernement ne doit pas compter sur
sa collaboration. Car il n’est pas question que l’Eglise s’accommode d’un
compromis et en remettant en question ses positions fondamentales, concernant par exemple la contraception artificielle.
Les évêques philippins s’insurgent contre ce que Mgr Morelos appelle le
«style cafétéria» du gouvernement, lequel distribue gratuitement des préservatifs et la pilule. L’Etat ne pourra mener longtemps une telle politique, faute de moyens. Celle-ci, du reste, risque fort de manquer son but à
long terme, estime-t-il.
Le président de la Conférence épiscopale des Philippines exprime encore
la crainte des évêques que «l’utilisation de moyens artificiels de contraception ne mène à l’avortement et à la stérilisation, par manque d’informations sur leur utilisation et sur leurs effets secondaires». Pour l’Eglise,
le planning familial ne se résume pas à une méthode de contraception, mais
à un «style de vie» que les partenaires partagent de façon égale, avec la
même volonté de prendre une décision responsable et consciente.
Dévoiler les véritables causes de la surpopulation et de la pauvreté
Pour Mgr Morelos, l’Eglise a en outre le devoir de dévoiler les véritables causes de la surpopulation et de la pauvreté aux Philippines. «Nous ne
pouvons souscrire, dit-il, à cet argument de base de la politique démographique gouvernementale qui dit que nous sommes pauvres parce que nous sommes trop nombreux. Nous sommes pauvres parce que les ressources de notre
pays ne sont pas équitablement réparties. Aussi longtemps que cette situation restera inchangée, le problème de la pauvreté ne pourra être résolu.»
(apic/cip/cb)



