Philippines: «Les excuses ne suffisent pas», estime l’archevêque de Manille

Mgr Gaudencio Rosales vise de plein fouet Gloria Arroyo

Manille, 4 juillet 2005 (Apic) L’archevêque de Manille, Mgr Gaudencio Rosales, est intervenu pour la première fois dans le scandale politique qui met dans la tourmente depuis plusieurs semaines la présidente Gloria Macapagal Arroyo, estimant que les excuses ne suffisent pas à redonner confiance aux gens. Le pardon n’efface pas le besoin de justice, a déclaré l’archevêque.

«Malgré les excuses et les expressions de regret, les gens demeurent en colère et confus» a dit l’archevêque dans un communiqué diffusé ce week- end à Manille, se référant au discours public dans lequel la présidente a indirectement admis d’avoir tenté de conditionner les présidentielles de mai 2004. «Le pardon n’efface pas le besoin de justice» a poursuivi le prélat, sans citer directement Gloria Arroyo.

L’archevêque a en outre sommé la classe politique de répondre à la volonté de la population, qui demande plus de réformes pour une plus grande transparence et d’une réelle participation aux droits civils et sociaux.

Pendant ce temps, dans le quartier financier de Manille, Makati, près de 8’000 manifestants ont réclamé la démission de la présidente, qui perd davantage de popularité avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle taxe sur les produits de consommation, immédiatement bloquée par la Cour suprême sur demande de l’opposition.

La présidente Arroyo est au centre d’un scandale déclenché par la publication d’enregistrements téléphoniques il y a un mois et l’opposition réclame sa démission. Elle a présenté des excuses la semaine dernière pour avoir téléphoné à un commissaire électoral pendant le dépouillement des bulletins de la présidentielle de mai 2004 mais a nié avoir voulu influencer le résultat. La crise a provoqué des manifestations de rue pour l’instant limitées. Mais une procédure en destitution a aussi été lancée devant la chambre des représentants et des enquêtes sont ouvertes au parlement. La présidente y dispose cependant d’une majorité, à moins de défections importantes.

Trois des 117 membres de la conférence épiscopale de l’église catholique, très influente, ont par ailleurs appelé Mme Arroyo à se retirer avant une réunion des évêques sur la crise cette semaine. La présidente a envoyé son mari, accusé de trafic d’influence, à l’étranger. Son fils a démissionné de son siège de député après des accusations de pots de vin. (apic/ag/misna/pr)

4 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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