Des évêques catholiques pris entre deux groupes adverses
Philippines: Remous après les élections
Manille, le 14 juin 2004 (Apic) Après avoir déclaré qu’il n’y avait pas eu d’intention de commettre une fraude massive lors des élections nationales aux Philippines le 10 mai, plusieurs évêques catholiques romains se retrouvent aujourd’hui pris entre deux groupes politiques adverses, qui se disputent à propos des élections.
Selon le Secrétariat national pour l’action sociale, du département politique et social de la Conférence épiscopale des Philippines, «au moins 17 évêques et directeurs de l’Action sociale de tout le pays rapportent que les élections dans leurs diocèses respectifs ont été en général claires, honnêtes et pacifiques». Même s’il y a eu des «allégations d’achat et de truquage des votes, ce sont des cas isolés qui ne changeraient pas les résultats des élections», a ajouté le Secrétariat national pour l’action sociale.
La Cour suprême des Philippines a rejeté le 8 juin un appel de l’opposition à stopper le dépouillement des votes, démarche considérée comme «un blocage» à un éventuel nouveau mandat de la présidente Gloria Macapagal Arroyo.
Celle-ci a accueilli avec satisfaction le rapport des évêques, alors que le camp de son plus proche adversaire, Fernando Poe Jr, a qualifié les élections de «farce». Fernando Poe, un acteur populaire, a accusé Gloria Arroyo de «voler» ce qu’il considérait comme une victoire assurée. Les résultats préliminaires ont montré que la présidente a probablement remporté environ un million de voix de plus que Fernando Poe.
Presque un mois après les élections nationales, seuls les 12 candidats sénatoriaux vainqueurs et les responsables locaux élus ont été confirmés, mais pas les candidats à la présidence. Ceci à cause du processus de dépouillement, impliquant le parlement. Les vainqueurs doivent être proclamés d’ici au 30 juin.
Les avocats de Fernando Poe ont demandé à la Cour suprême d’ordonner à la commission du Congrès de stopper le dépouillement des voix pour les candidatures à la présidence. Les évêques, pour leur part, ont déclaré qu’il n’y avait pas assez de preuves indiquant une intention de commettre une fraude électorale massive.
Toutefois certains évêques ont relevé quelques problèmes, comme le manque de préparation de la part de la commission électorale, qui a semé la confusion parmi les électeurs à propos des lieux de vote. D’autres ont remarqué que certains politiciens distribuaient de l’argent pour acheter les voix.
Dans ce pays, qui est le plus chrétien d’Asie, les catholiques représentent plus de 80% des 85 millions d’habitants. (apic/eni/vb)



