Mgr Cruz publie une liste de personnalités politiques impliquées
Philippines: Un archevêque en guerre contre la loterie clandestine
Manille, 6 mai 2005 (Apic) Hommes politiques, dirigeants de police et même Miguel «Mikey» Arroyo, fils de la présidente Gloria Macapagal Arroyo, seraient impliqués dans la gestion du «jueteng», jeu de hasard illégal très populaire dans le pays, dénonce Mgr Oscar Cruz, archevêque du diocèse de Lingayen-Dagupan.
L’ex-président de la Conférence épiscopale philippine lutte personnellement depuis des années contre la loterie clandestine. Selon le quotidien philippin «Daily Inquirer», Mgr Cruz a présenté à un comité parlementaire un document contenant de nombreuses informations sur le jeu illégal et une liste de personnalités publiques qui, selon lui, seraient payées par des gérants du jueteng en échange de leur silence.
La «liste de l’archevêque», comme l’appellent les journaux, comprend des hommes politiques de Luzon, dont le nom n’a pas encore été révélé, et un haut dirigeant de la police nationale qui percevrait 19,6 millions de pesos (280’000 euros) par mois de la main des gérants du jueteng.
Toujours selon Mgr Cruz, le total des pots-de-vin versés par les organisateurs de la loterie clandestine aux fonctionnaires serait d’environ 13 milliards de pesos (194 millions d’euros) par an. L’archevêque a en outre affirmé que le fils de la présidente serait inscrit au livre de paie des responsables du jeu.
Un porte-parole de la présidence affirmant que ces accusations faisaient partie d’un effort pour discréditer l’administration de la présidente Arroyo.
La bataille contre «la loterie des pauvres» qui fait gagner le joueur qui trouve 2 numéros de 1 à 37, a été lancée par Mgr Cruz parce que selon lui, elle risque d’appauvrir les pauvres, d’alimenter des disputes familiales et de ruiner des familles. Seulement 15% de l’argent récolté constitue les prix remportés, le reste finissant dans les poches des organisateurs, qui paient les fonctionnaires pour qu’ils n’interviennent pas.
L’ex-président Joseph Estrada fut destitué et remplacé par Arroyo en 2001 en partie à cause d’accusations – qu’il a toujours niées – liées à des pots-de-vin reçus par les «seigneurs du jueteng». (apic/minsa/pr)




