Philippines: Une présidente, un acteur et un évangéliste parmi les candidats à la présidence

L’évangéliste Villanueva veut ramener le pays «sur le bon chemin»

Manille, 11 janvier 2004 (Apic) Les sondages annoncent une course à la présidence très serrée entre l’actuelle présidente Gloria Macapagal Arroyo, une économiste formée aux Etats-Unis et fille d’un ancien président, et Fernando Poe Jr, un acteur de cinéma de 64 ans ayant abandonné ses études. Mais le charismatique évangéliste Eduardo Villanueva, qui déclare vouloir ramener le pays «sur le bon chemin», figure aussi en bonne place parmi les candidats à la présidence.

L’élection, qui aura lieu le 10 mai pour 85 millions de Philippins, devrait voir s’affronter des célébrités et des politiciens endurcis. Plusieurs groupes religieux sont aussi associés de diverses manières à cet événement. L’Eglise catholique, majoritaire dans le pays, et les grandes Eglises protestantes voudraient sensibiliser les électeurs et coopérer au bon déroulement des élections, alors qu’Eduardo Villanueva se compare à David luttant contre Goliath.

La Constitution philippine prévoit la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Mais Eduardo Villanueva, âgé de 57 ans, connu aussi comme «frère Eddie» par les quelque 5 millions de membres du Mouvement «Jésus est le Seigneur» fondé il y a 25 ans, ne regrette pas du tout son engagement en politique. Il a déclaré qu’il voulait se présenter comme une alternative aux «(soi-disant) seigneurs de la drogue et du jeu et aux acteurs de cinéma qui se lancent dans la course à la présidence». «Je sais que David a vaincu Goliath. Dieu était aux cotés de David. Par ailleurs, je crois dans la majorité silencieuse», a déclaré Eduardo Villanueva à ses partisans enthousiastes. Plus de 70 candidats sont en lice pour la présidence. Mais la Commission électorale, qui supervise le scrutin, considère seulement cinq candidats comme «sérieux» – la présidente Gloria Macapagal Arroyo, le sénateur Panfilo Lacson, l’ancien sénateur Raul Roco, l’acteur Fernando Poe Jr, et Eduardo Villanueva.

Qualifiant sa décision «d’appel au devoir» par Dieu et de «geste prophétique pour racheter les Philippines», Eduardo Villanueva a refusé les appels de partis gouvernementaux et de groupes de l’opposition qui lui demandaient de renoncer à sa candidature et de rejoindre leurs rangs. Rappelant que les Philippines sont devenues le 11e pays le plus corrompu de la planète, selon le rapport 2003 de l’organisation Transparency International, basée à Berlin, l’évangéliste a déclaré que les Philippines ont besoin «d’un leader honnête, à la réputation sans tache et très croyant» pour ramener le pays sur le bon chemin.

De son coté, l’Eglise catholique, qui compte 83 % de la population, ne va pas participer directement aux élections mais s’est engagée à aider à «protéger l’inviolabilité du scrutin». Par exemple, elle a décidé de mobiliser le Conseil pastoral paroissial chargé de garantir un vote responsable, a déclaré Mgr Carlito Cenzon, évêque du vicariat épiscopal de Baguio, dans le nord du pays. Des groupes évangéliques plus restreints se sont aussi engagés sur la voie suivie par l’évangéliste Eduardo Villanueva en présentant des candidats au niveau local.

Comme lors des dernières élections, les Eglises membres du Conseil national des Eglises, qui regroupe des Eglises protestantes, devraient publier des lettres pastorales et des déclarations pour guider les paroissiens et les encourager à choisir des candidats méritant et qualifiés, a indiqué l’évêque Allan Ray Sarte, de l’Eglise unie du Christ aux Philippines. (apic/eni/be)

11 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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