Pier Giorgio Frassati, un futur saint pressé et joyeux
Le 7 septembre 2025, le pape Léon XIV canonisera Pier Giorgio Frassati (1901-1925) en même temps que le jeune Carlo Acutis. Italien et mort jeune comme ce dernier, Pier Giorgio Frassati s’est démarqué par son engagement chrétien joyeux en faveur des plus pauvres.
Pier Giorgio Frassati est issu d’une riche famille bourgeoise de Turin: sa mère est peintre et son père, athée, fondateur du quotidien piémontais La Stampa. Dès sa jeunesse, cet adolescent débordant d’énergie décide de vivre intensément les Évangiles qu’il a découverts au contact des jésuites de son lycée. Généreux, il consacre beaucoup de son temps et de ses ressources au service des plus miséreux, très nombreux dans l’Italie de l’époque, marquée par les affres de la Première Guerre mondiale.
Plus passionné d’alpinisme que des versions latines qu’on lui inflige dans les établissements scolaires prestigieux qu’il fréquente, Pier Giorgio affiche joyeusement sa foi dans une société turinoise souvent puritaine ou franc-maçonne. Avec des amis, il fonde la «compagnie des types louches» avec pour mot d’ordre: «À nous, il n’est pas permis de vivoter; nous devons vivre».
Un lecteur passionné de saint Augustin
Vivant sa foi avec ferveur, ce lecteur passionné de saint Augustin est membre de l’Action catholique et des conférences Saint-Vincent-de-Paul. En 1922, il franchit un pas supplémentaire en devenant tertiaire dominicain – soit un membre laïc de cet ordre. Au sein du mouvement de la Jeunesse catholique, marqué par la pensée de don Luigi Sturzo, père de la démocratie chrétienne, il s’intéresse aux questions politiques et exprime son dégoût pour le fascisme de Benito Mussolini.
Pier Giorgio poursuit des études d’ingénierie mécanique dans le but de pouvoir travailler à améliorer les conditions de vie des mineurs. Mais il ne parvient pas à obtenir son diplôme. Il meurt juste avant les derniers examens, à l’âge de 24 ans, d’une méningite probablement contractée dans les bidonvilles qu’il fréquentait régulièrement pour secourir les nécessiteux.
Malgré quelques difficultés dans la procédure de canonisation sous Pie XII – liées à un éventuel flirt de Pier Giorgio avec une de ses amies – Jean Paul II finit par le reconnaître comme vénérable en 1987 puis célèbre personnellement sa béatification en 1990. En novembre 2024, le pape François ouvre la porte à sa canonisation après la reconnaissance d’une guérison miraculeuse d’un séminariste américain attribuée au jeune Piémontais. (cath.ch/imedia/cd/bh)