Chypre : La douce diplomatie du pape
Place des chrétiens au Moyen-Orient
Nicosie, 5 juin 2010 (Apic) Premier pape à se rendre sur l’île divisée de Chypre, Benoit XVI s’est présenté au moment même de poser le pied sur le sol chypriote comme un «pèlerin» venu jeter les bases du Synode des évêques qu’il a convoqué en octobre prochain sur la situation des chrétiens au Moyen-Orient.
Pour autant, le pape pèlerin n’a pu échapper à la situation géopolitique locale, à la situation régionale, sans parler de l’assassinat, le 3 juin, en Turquie, d’un évêque catholique qui devait participer à ce voyage.
Alors, dès sa rencontre avec les journalistes, dans l’avion qui le menait à Chypre, le pape a souhaité que l’assassinat de Mgr Luigi Padovese ne pèse pas sur son voyage, qu’il n’assombrisse pas non plus le dialogue interreligieux, demandant aussi que cet acte ne soit attribué ni aux Turcs, ni à la Turquie.
Diplomate, le pape qui a dormi cette nuit dans la nonciature apostolique, sur la ’Ligne verte’ sous contrôle de l’ONU qui divise Chypre, n’a pas non plus réagi aux propos virulents du patriarche grec orthodoxe qui, lors d’une prière œcuménique à Paphos, a condamné la barbarie des Turcs qui occupent le tiers nord de l’île, qui a dénoncé leur politique de «purification ethnique» pour supprimer les chrétiens de l’île. Installé sur les vestiges d’une église paléochrétienne du 4e siècle, Benoît XVI a préféré souligner le «rôle vital des chrétiens» au Moyen-Orient, sans jamais répondre à Chrysostome II.
Au président chypriote qui a évoqué l’occupation turque et les destructions d’églises dans le nord de l’île, le pape a simplement demandé de redoubler d’efforts pour trouver les moyens de vivre en harmonie avec ses voisins. En coulisses, cependant, la diplomatie vaticane s’active. (apic/imedia/ Antoine-Marie Izoard,js)



