ONU: Justice pour les femmes et lutte contre les inégalités sont la clé des OMD
Plaidoyer du Fonds des Nations-Unies pour la femme
New-York/Dakar, 21 septembre 2010 (Apic) Le Fonds des Nations-Unies pour la femme (UNIFEM) estime que la justice pour les femmes et la lutte contre les inégalités et la discrimination de sexes sont la clé des progrès à venir pour tous les «Objectifs du millénaire pour le développement» (OMD).
Dans un rapport intitulé : «La justice pour les femmes : la clé pour atteindre les OMD», publié lundi 20 septembre 2010 en marge de l’ouverture du Sommet de l’ONU sur les OMD, le Fonds des Nations-Unies pour la femme insiste sur le fait que la justice à l’égard des femmes nécessite l’éradication des inégalités entre les femmes et les hommes, mais aussi la lutte contre les injustices provoquées par la discrimination envers les femmes et les filles. C’est une composante centrale des efforts à mener pour achever les OMD, souligne-t-il, notant que malgré «des avancées importantes», les progrès les plus lents sont enregistrés dans les objectifs relatifs à l’égalité des sexes. A cinq ans de la date butoir fixée pour réaliser les OMD, «les progrès peuvent être accélérés en se concentrant sur l’élargissement des services publics favorables aux femmes, la garantie de la terre et des emplois aux femmes, l’augmentation de la voix des femmes dans la prise de décisions, et la fin de la violence contre les femmes et les filles», préconise l’organisation onusienne.
Ecarts entre ville et campagne
Selon l’UNIFEM, la plupart des OMD dépendent d’une «prestation de services efficace». Les données sur les progrès réalisés dans de nombreux pays montrent qu’il existe «des écarts significatifs» dans l’accès aux services entre les populations rurales pauvres et urbaines riches, notamment pour les femmes et les filles. Il faut procéder à un remaniement des finances pour permettre aux femmes et filles les plus pauvres d’accéder aux services publics de santé et d’éducation.
L’Organisation constate que, dans de nombreux pays, la suppression des frais de scolarité au niveau secondaire a permis à plus de filles d’accéder aux études. Dans le domaine de la santé, il en va de même: par une augmentation du nombre des femmes dans le secteur, une meilleure prévention est garantie contre une grossesse non désirée ou contre le virus du sida.
Dans le même ordre, la présence accrue des femmes est souhaitée dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la vulgarisation agricole. Ces accès permettraient aux femmes de jouer un véritable rôle économique et de servir d’exemples pour les jeunes.
Emplois décents à offrir aux femmes
Selon le rapport, il est essentiel d’offrir aux femmes des opportunités d’emplois décents et de permettre l’acquisition de biens. Actuellement, les femmes ne contrôlent qu’une infime fraction des terres de la planète et sont plus de la moitié des personnes occupant un emploi précaire. «Travail décent et biens économiques demeurent donc hors de leur portée», déplore le rapport.
L’UNIFEM souligne que la réduction de la pauvreté et de la faim nécessite une garantie juridique des droits fonciers des femmes et l’assurance que des lois sont mises en place pour renforcer la sécurité économique des femmes.
Des politiques sociales et économiques dont l’objectif premier est la création d’emplois productifs à temps plein pour les femmes, en particulier dans le contexte de la crise économique actuelle, suggère le Fonds.
Il plaide aussi en faveur de mesures pour éliminer les écarts de salaires entre les femmes et les hommes permettant aux femmes d’accéder à des emplois plus qualifiés. Il demande l’application de quotas en matière de représentation politique. (apic/ibc/js)



