Angola: L’Eglise catholique publie son premier rapport sur la gestion des diamants

Plaidoyer pour une transparence dans le secteur

Luanda, 9 août 2010 (Apic) La Commission Justice et Paix (CEJP) de la Conférence épiscopale d’Angola et Sao Tomé ( CEAST ) a plaidé pour la transparence dans le secteur du diamant en Angola, troisième plus grand producteur de diamants en Afrique, après le Botswana et l’Afrique du Sud, et cinquième au niveau mondial.

Dans un rapport présenté pour la première fois sur ce domaine, la sous-commission Justice économique de la CEJP a rappelé que la nouvelle Constitution du pays, adoptée en février 2010, dans son article 40, reconnaît le droit à l’information, même si ce droit « n’est pas encore réglementée » par la loi ordinaire. Or, les contrats passés entre les entre commerçants liés aux diamants et l’Etat comportent une clause de confidentialité. De ce fait, l’accès à des informations relevant du secteur du diamant n’est pas facilement autorisé par les institutions publiques.

Le rapport qui vise à « ouvrir un espace » de dialogue « constructif » entre les différents intervenants dans le secteur du diamant et la société civile en Angola, a été lancé avec « succès » en présence de représentant du projet Catoca, quatrième grande compagnie de diamants au monde, présente dans la province de Lunda Sul, ainsi que d’un représentant du gouvernement de la province de Lunda Norte.

Il met l’accent sur la transparence, se concentre sur la croissance du secteur du diamant en Angola, durant la période 2002 – 2009, et analyse les effets de la crise économique, la législation du diamant et le développement des provinces diamantifères du pays.

Le rapport souligne « l’importance de la transparence » en matière de gestion des ressources publiques, notant que du point de vue de doctrine sociale de l’Eglise catholique, cette transparence est « fondamentale » pour permettre à toutes les populations de tirer profit des ressources naturelles du pays.

Au sujet de la loi réglementant les réserves de diamants en Angola, le rapport déplore le fait qu’elle fasse atteinte au droit à la liberté des personnes, car elle limite leur « entrée, séjour et circulation » dans les zones diamantifères. « L’accès à ces lieux doivent être autorisés par les gouverneurs de provinces », poursuit le rapport, qui considère également la loi sur l’exploitation minière artisanale comme tout aussi restrictive, en ce sens qu’elle impose des restrictions aux « nombreux » mouvements de personnes. En outre, les conditions d’obtention d’un permis d’exploitation minière artisanale sont difficiles à remplir. L’Etat qui reconnaît ces difficultés, a mis en place une commission technique qui travaille sur une nouvelle loi minière. Elle rendra « obligatoire » les appels d’offres pour toute exploitation minière, alors que le texte actuellement en vigueur rend « facultatif » ces appels d’offres.

Dans sa dernière partie, le rapport souligne la nécessité, pour le gouvernement, de mettre en œuvre des programmes sociaux, faisant remarquer que les provinces diamantifères du pays ne bénéficient pas de retombées de cette matière.

Dans le rapport, l’Eglise catholique angolaise s’est préoccupée aussi de la dégradation de l’environnement dans les provinces concernées, suite à l’exploration diamantifère. Cela a des conséquences pour les activités agricoles dont dépendent des millions de petits agriculteurs pour vivre.

Selon le site : www.pambazuka.org, les premières réserves de diamants en Angola ont été découvertes en 1590, mais ce n’est qu’au XXe siècle que l’extraction diamantifère a commencé, avec la création, en 1917, de la Société de recherche minière de l’Angola. La plupart des réserves de diamants en Angola se trouve dans le nord-est du pays, partie située vers la frontière avec la République démocratique du Congo, dans les provinces de Lunda Norte et Lunda Sul.

De nouvelles zones de concession de diamants ont été ouvertes ou élargies. Elles ont permis de porter le niveau de production de diamants d’environ 6 millions de carats en 2003 à près 9,7 millions de carats en 2007. Toutefois, la crise économique et financière mondiale du prix des diamants a provoqué une chute de 40 % de la production de diamants dans le monde. Entre 2008 et 2009, cette production a baissé de 21 % en Angola. Conséquences, de nombreux projets d’exploitation minière ont été suspendus, et sur d’autres sites, la production a baissé, et de nombreux travailleurs sont au chômage. (apic/ibc/pr)

9 août 2010 | 14:42
par webmaster@kath.ch
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