Rome: Benoît XVI doit s’excuser auprès des musulmans pour les Croisades

Pluie de doléances de l’ancien porte-parole d’Al-Azhar

Rome, 23 février 2011 (Apic) En marge d’une conférence sur le dialogue interreligieux organisée par la Communauté Sant’Egidio, le 23 février 2011 à Rome, l’ancien porte-parole de l’Université égyptienne islamique Al-Azhar a demandé, devant une poignée de journalistes, que Benoît XVI, qui s’est «excusé pour l’Holocauste, considère les Croisades comme une agression», rapporte l’agence I.MEDIA.

Muhammad Rifaa al Tahtawi a quitté son poste le 4 février dernier pour rejoindre la révolte populaire et demander la démission du président Hosni Moubarak. A Rome, il a souhaité que le pape défende davantage les droits des Palestiniens. Il est aussi revenu sur la décision du grand imam Ahmed El-Tayyeb, à la tête de l’université sunnite, de geler ses relations avec le Vatican.

Muhammad Rifaa al Tahtawi a rappelé le respect de l’Egypte pour le Vatican et le pape, «symbole de paix et de justice dans le monde et dont l’autorité humaine est universelle». Il a souligné que ce qu’on exige du pape n’est pas ce qu’on exige des autres, car il est jugé selon son statut. «Nous voulons qu’il fasse un geste pour que les musulmans sentent qu’il se soucie d’eux en tant qu’êtres humains, comme il se soucie de tous les autres», a déclaré l’ancien porte-parole, avant de procéder à une longue série de doléances.

Un «mot de respect» pour l’islam

Il a ainsi demandé à Benoît XVI «un mot de respect pour l’islam comme religion de paix, qu’il dise quelque chose de plus fort sur le statut de Jérusalem, que le simple fait de vouloir deux Etats, ou encore qu’il demande la fin de l’occupation (israélienne, ndlr) et l’application des décisions internationales. «Le pape s’est excusé pour l’Holocauste, mais il n’a jamais considéré les Croisades comme une agression», a surtout déploré le représentant égyptien.

Le 12 mars 2000, Jean-Paul II avait pourtant célébré, en la basilique Saint-Pierre, une cérémonie de «demande de pardon», dont le point culminant était la prière universelle, qui énumérait les fautes pour lesquelles le pape polonais souhaitait le repentir de l’ensemble de l’Eglise. Cela impliquait les péchés «commis dans le service de la vérité», dont l’Inquisition et les Croisades.

Pas traité d’égal à égal

Selon Muhammad Rifaa al Tahtawi, l’Université Al-Azhar veut un dialogue fructueux, qui donne de vrais résultats et basé sur un respect mutuel. Ce dernier a en outre plus largement expliqué que cette institution sunnite et le monde islamique en général avaient «le sentiment de ne pas être traités d’égal à égal».

Par ailleurs, Muhammad Rifaa al Tahtawi est revenu sur la manière dont avait été prise la décision de geler les relations avec le Vatican, le 20 janvier dernier. Selon lui, elle est le seul fait du grand imam Ahmed El-Tayyeb. Si elle a été bien accueillie par le peuple, différents représentants égyptiens ne l’ont, au contraire, pas appréciée. Les diplomates du pays ont aussi fait part de leur désapprobation, a révélé l’ancien porte-parole, ajoutant que cette décision avait encore provoqué le mécontentement de «certains gouvernants». (apic/imedia/cp/nd)

23 février 2011 | 16:21
par webmaster@kath.ch
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