Suisse: Assemblée plénière de la Commission de planification pastorale de la CES

Pluralité au sein de l’Eglise, formation et pastorale interculturelle

St-Antoni, 3 décembre 2012 (Apic) Les défis cruciaux de la planification de la pastorale et de la pastorale étaient au programme de l’assemblée plénière de la Commission de planification pastorale (CPP) de la Conférence des évêques suisses (CES). Elle s’est tenue les 29 et 30 octobre 2012 au centre de formation Burgbühl de St-Antoni, dans le canton de Fribourg.

Reconnaître son appartenance à l’Eglise représente dans la société post-moderne un enjeu nouveau, indique un communiqué de la CPP. Comment chacun vit son appartenance à une communauté religieuse? Comment cette appartenance est-elle reconnue?

Selon la CPP, l’appartenance de par le baptême et le fait d’être membre d’une organisation (ecclésiale, corporation ecclésiastique de droit public, paroisse ou association) sont en relation. Ces deux formes modernes d’organisation, nécessaires à l’Eglise, fonctionnent bien, précise la CPP.

Par contre, se pose la question de l’attitude à adopter au plan de la pastorale envers deux logiques différentes mais coexistantes. Logique de l’appartenance sacramentelle à l’Eglise? Ou logique du statut de membre d’une organisation?

L’appartenance à l’Eglise, un don

L’appartenance à l’Eglise ne peut pas être clarifiée selon les seules perspectives d’une organisation. Elle représente d’abord et avant tout un don.

Mais relève la CPP, l’appartenance est de plus en plus source de conflits. Certains représentants de l’institution lient la reconnaissance au strict respect de préceptes disciplinaires et à une profession de foi sans équivoque. La perception pastorale que l’Eglise a de soi exige une praxis de la reconnaissance de l’appartenance à l’Eglise adaptée aux exigences de notre temps, selon le communiqué.

La CPP insiste sur le fait que «les normes juridiques canoniques et disciplinaires sont au service de la dimension essentiellement pastorale de l’Eglise et non l’inverse. La préséance de la pastorale sur le droit ne doit pas être oubliée. C’est à cette seule condition que l’annonce de la Bonne Nouvelle … est possible, de manière visible, dans le temps qui est le nôtre».

Une pastorale interculturelle plus adaptée à la Suisse

La CPP a aussi formulé des options dans deux domaines thématiques importants pour la pastorale: le domaine ecclésial et une pastorale interculturelle.

Les premières décisions concernant le «projet Offres de formation» (évaluation et réorientation dans le domaine ecclésial), mené conjointement par la CES et les instances partenaires de financement, ont été bien accueillies. La CPP encourage les responsables du projet à mettre sur pied un modèle qui renforce les coopérations entre régions linguistiques et entre les diocèses. Le pilotage du projet permettra de restructurer les offres de formation, en fonction des nouvelles exigences sociales et pastorales.

La CPP souligne également la nécessité d’actualiser les profils des professions ecclésiales.

La CPP étudie depuis quelques temps comment améliorer les structures pastorales pour qu’elles répondent mieux aux enjeux de la société et d’une Eglise multiculturelle. Elle se penche aussi sur comment obtenir plus de poids comme acteur interculturel. Dans son exposé, Irma Endres, de l’Institut de communication et de management de l’Université de Lucerne, a exposé plusieurs modèles d’institutions travaillant selon une approche inter- ou transculturelle.

La CPP se prononce pour une pastorale interculturelle, envisagée comme une tâche transversale capable de répondre aux enjeux de la diversité culturelle de l’Eglise catholique en Suisse. Des propositions concrètes de structures ad hoc seront faites prochainement. (apic/com/ggc)

3 décembre 2012 | 16:06
par webmaster@kath.ch
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