«Plus d'ouverture des évêques pour aborder des sujets très difficiles»
Fribourg: Une délégation des évêques suisses a rencontré la Zöfra
Fribourg, 16 juillet 2014 (apic) Une délégation de la Conférence des évêques suisses (CES) a rencontré la Zöfra (Association pour les femmes concernées par le célibat des prêtres) le 14 juillet à Fribourg. La réunion s’est déroulée «dans une atmosphère agréable et attentive», a affirmé à l’Apic Gabriella Loser Friedli, co-fondatrice et présidente de la Zöfra. Elle perçoit aujourd’hui chez les évêques suisses «davantage d’ouverture» pour parler «de sujets très difficiles».
La Zöfra soutient des femmes qui ont une relation amoureuse avec un prêtre catholique, mais également les prêtres concernés. L’association tente depuis plusieurs années d’exprimer ses préoccupations à la CES.
Durant 7 ans, la Zöfra avait rencontré une fois par années une délégation de la commission «Evêques-prêtres» de la CES. Elle a interrompu ces discussions en 2007, lorsqu’elle a constaté que les délégués n’informaient pas la CES du contenu des discussions. Mais depuis quelques années, des efforts ont été faits en vue de reprendre le dialogue, affirme Gabriella Loser Friedli. Un des déclencheurs a été la gestion par l’Eglise catholique des affaires d’abus sexuels commis par des membres du clergé.
La rencontre du 14 juillet a vu la présence du président de la CES, Mgr Markus Büchel, évêque de St-Gall, du vice-président, Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, et de Mgr Denis Theurillat, évêque auxiliaire du diocèse de Bâle, a indiqué la Zöfra.
Atmosphère «agréable et attentive»
Gabriella Loser Friedli se dit contente de la façon dont s’est déroulé le dialogue. L’atmosphère était «agréable et attentive». Qu’une organisation comme la Zöfra ait été reçue par une délégation d’une conférence épiscopale est unique au monde, à sa connaissance, et donc remarquable. En général, les évêques ne réagissent pas aux lettres des organisations actives dans ce même domaine.
La rencontre avec la CES a surtout permis d’étaler la problématique sur la table, indique Gabriella Loser Friedli. On a senti que les évêques sont conscients qu’un problème existe. «Je crois que quelque chose de fondamental a changé», affirme-t-elle. Longtemps, les évêques ont manifesté peu de respect pour l’activité de la Zöfra. «Aujourd’hui, ils reconnaissent notre travail».
L’association a pu exprimer certaines attentes à l’égard de la CES. Elle souhaite notamment qu’à l’avenir, les évêques «utilisent pleinement» leur marge de manoeuvre dans la procédure de retour à l’état laïc des prêtres qui ont une relation avec une femme. Ils pourraient par exemple lever une part des restrictions auxquelles sont confrontés les prêtres redevenus laïcs et ainsi leur offrir davantage de possibilités de travailler en pastorale.
La Zöfra souhaite également avoir un partenaire de dialogue à l’intérieur de la Conférence des évêques suisses. Les thèmes développés lors de la rencontre seront abordés lors de la prochaine assemblée de la CES, a promis la délégation. (apic/bal/bb)



