Plus d’un tiers affectés par la maladie ou le vieillissement
Ile Maurice: Mgr Maurice Piat annonce une «pénurie» de prêtres dans le pays
Port-Louis, 3 janvier 2010 (Apic) Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis, sur l’Île Maurice, dans l’Océan indien, annonce une «pénurie» de prêtres dans son diocèse. Plus d’un tiers des prêtres du diocèse sont affectés, soit par la maladie, soit par le vieillissement, a-t-il indiqué dans sa lettre aux fidèles sur la situation dans l’Eglise publiée sur le site du diocèse.
Mgr Piat fait appel à l’indulgence et à la compréhension des fidèles, face aux conséquences éventuelles que pourrait entraîner ce déficit de prêtres. Selon le prélat, six d’entre eux sont gravement malades, dix autres sont déjà à la retraite, dix autres encore, tout en ayant dépassé l’âge de 75 ans, continuent à travailler avec des forces réduites, six autres, plus jeunes, tout en restant actifs, souffrent de différentes maladies qui les ralentissent dans leur ministère. «Cela fait en tout plus d’un tiers des prêtres du diocèse affectés soit par la maladie, soit par le vieillissement. Sans compter ceux que nous avons eu la douleur de voir quitter le ministère récemment», relève-t-il.
«Je vous partage ce souci non pas pour me plaindre ni pour dramatiser les choses. Mais comme dans l’Eglise nous sommes en famille, il est bon de pouvoir en parler, et réfléchir ensemble à la meilleure façon de réagir devant cette épreuve qui nous affecte tous», poursuit Mgr Piat, qui fait appel à la compréhension des fidèles. «Nos prêtres se donnent de tout leur cœur à leur ministère. Vous les aimez et les soutenez déjà. Mais avec leur nombre qui diminue, les demandes des fidèles ne diminuent pas. Au contraire, ces demandes se concentrent sur un nombre réduit de prêtres, exerçant ainsi sur eux une pression supplémentaire, y compris sur les plus âgés et sur les malades».
L’évêque mauricien demande ainsi aux catholiques de se réorganiser différemment: il propose d’associer davantage de fidèles laïcs et de religieux/ses pour répondre aux nombreuses sollicitations qui sont faites à l’Eglise, et de «chercher ensemble à accomplir la mission que le Christ nous confie de manière plus créative».
Le moment est venu d’envisager de nouveaux ministères
Il invite par conséquent les fidèles qui viennent demander un service à l’Eglise, inscrire leur enfant pour le baptême, demander un mariage, ou de célébrer un enterrement, «de bien vouloir comprendre les nouvelles dispositions qui devront être prises». Par exemple, toutes les funérailles ne pourront pas toujours être présidées par des prêtres. Certaines devront être présidées par une équipe de laïcs ou de religieux (ses). Il n’y aura pas toujours la célébration de l’Eucharistie aux heures prévues pour les messes du week-end, mais il y aura toujours au moins une célébration de la parole animée par des fidèles laïcs ou des religieux/ses. Toutes les réunions de mouvement ou de communauté de quartier ne pourront pas bénéficier de la présence d’un prêtre, mais il y aura toujours un laïc ou un religieux/se, qui assumera la responsabilité d’animer, a encore indiqué le chef de l’Eglise catholique de Maurice. Qui invite les fidèles «qui sentent qu’ils peuvent contribuer» à la vie de l’Eglise «à ne pas hésiter à s’engager dans l’un ou l’autre des nombreux domaines de la mission de l’Eglise qui correspond le mieux à leur talent».
En conclusion, Mgr Maurice Piat estime que la situation de pénurie de religieux dans laquelle se trouve le pays, doublée des nouveaux appels des fidèles à l’Eglise qui lui parviennent, conduisent à se demander «si le moment n’est pas venu pour envisager de nouveaux ministères qui seraient confiés à des laïcs et à des religieux/ses, afin de répondre aux nouveaux besoins du monde d’aujourd’hui». (*) Cf. www.archidiocesedeportlouis.org
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