Plus de 30’000 spectateurs attendus pour une «excellente cuvée»

Fribourg: La 24ème édition du Festival International de films de Fribourg débute le 13 mars

Fribourg, 3 mars 2010 (Apic) Chaque année, à pareille époque, Fribourg se hisse pour quelques jours au rang de «capitale du cinéma», grâce au FIFF, le Festival International de films de Fribourg, dont la 24ème édition va s’ouvrir le samedi 13 mars. A l’heure où la mondialisation culturelle est depuis longtemps devenue une réalité incontournable, le FIFF – qui à ses débuts, dans les années 80, s’appelait Festival de films du tiers monde (*) – continue sa mutation, tout en restant fidèle à ses objectifs premiers qui sont de donner à voir les richesses culturelles des continents du Sud.

«On ne soustrait rien aux objectifs du début, quand les pionniers Yvan Stern et Martial Knaebel lançaient ce Festival, on n’abandonne pas le Sud, on élargit seulement la palette», a confié mercredi à l’Apic le critique de cinéma français Edouard Waintrop, directeur artistique du FIFF depuis trois éditions. C’est vrai que le FIFF dépasse toujours davantage les frontières du Sud, qui semblent aujourd’hui de plus en plus étriquées. «Car le Sud est aussi au Nord et vice-versa», admet le directeur artistique du Festival. Du 13 au 20 mars, le FIFF projette plus de 80 films, dont la plupart sont présentés en première suisse.

L’Amérique hispanophone fait fort

Pour cette 24ème édition, «mais c’est conjoncturel, cela peut changer dans une année, car des grands réalisateurs brésiliens travaillent sur de nouveaux films», admet Edouard Waintrop, c’est l’Amérique hispanophone qui fait fort. Dans la sélection officielle (**), dont le Jury International est présidé par la réalisatrice allemande Hanna Schygulla, sur 13 films en compétition, deux sont colombiens, «ce qui est une grosse surprise», deux mexicains, un argentin ainsi qu’un film du Costa Rica, une petite nation d’Amérique centrale qui s’affirme de plus en plus sur la scène mondiale avec de très jeunes réalisateurs/trices. Une nouveauté: deux films venus d’Arménie et de Géorgie, dans le Caucase, «ce qui montre la volonté d’ouverture à de nouvelles régions», alors que la présence d’un film iranien est moins surprenante. Mais cette année, il s’agit d’un polar, «ce qui ne court tout de même pas les rues dans ce pays!».

L’Afrique noire brille par son absence

Cette année, par contre l’Afrique noire brille par son absence.

On assiste sur ce continent à une profonde mutation de la production cinématographique, «mais ce cinéma doit encore mûrir», a admis Edouard Waintrop mercredi à l’Ancienne Gare de Fribourg lors la conférence de presse de présentation de cette 24ème édition du FIFF. Il espère que l’an prochain, le cinéma du continent noir sera de nouveau présent à Fribourg. Actuellement, ce qui émerge, c’est la production de «Nollywood», qui a vu le Nigeria devenir la troisième puissance cinématographique au monde en termes de nombre de films, derrière l’Inde et les Etats-Unis. En effet, le Nigeria produit chaque année 2’000 films vidéos et DVD. Son public régulier est estimé à 150 millions de spectateurs.

La soirée d’ouverture, à 19h30 au Cinéma Rex, verra la projection en première suisse du film «Los Viajes del Viento» du Colombien Ciro Guerra, en présence du réalisateur. Jean-Frédéric Jauslin, directeur de l’Office fédéral de la culture (OFC) ouvrira officiellement le festival. Plus de 30’000 spectateurs sont attendus pour une «excellente cuvée», dont la sélection officielle, comme déjà dit, fait la part belle aux films d’Amérique latine. (Pour le programme complet: voir www.fiff.ch).

La cérémonie de remise des prix, notamment le Grand Prix «Le Regard d’Or» décerné par le Jury International, se déroulera le samedi 20 mars à 17h à Cap’Ciné, suivie de la projection du dernier film de Juan José Campanella (Espagne, Argentine 2009), «El secreto de sus Ojos», actuellement nominé pour l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood. JB

(**) Films en sélection officielle et en compétition:

Adrift, de Bui Thac Chuyen, Vietnam 2009

Agua fría de mar, Paz Fábrega, Costa Rica, France, Espagne, Pays-Bas, Mexique 2009

Border, Harutyun Khachatryan, Arménie, Pays-Bas 2009

El Vuelco del Cangrejo, Oscar Ruìz Navia, Colombie, France 2009

La Sangre y la Lluvia, Jorge Navas, Colombie 2009

Lola, Brillante Mendoza, Philippines 2009

Norteado, Rigoberto Perezcano, Mexique, Espagne 2009

Perpetuum Mobile, Nicolás Pereda, Mexique, Canada, France 2009

Rompecabezas, Natalia Smirnoff Argentine, France 2009

Tehroun, Nader T. Homayoun, Iran 2009

The Other Bank, George Ovashvili, Géorgie 2009

Wahed-Sefr, Kamla Abu Zekry, Egypte 2009

Zindeeq, Michel Khleifi, Palestine, Grande-Bretagne, Belgique, Emirats arabes unis 2009

(*) Dès son lancement en 1980, le «Festival des films du Tiers-monde» – qui se déroulait au début dans les salles de paroisses ! – voulait faire connaître les films issus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, très rarement distribués en Suisse. (apic/be)

3 mars 2010 | 14:36
par webmaster@kath.ch
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