Etats-Unis: Le Vatican confirme la fermeture de 10 paroisses à Boston

Plus de recours possible pour les paroissiens en lutte

Washington, 20 mai 2010 (Apic) La Cour suprême du Vatican a rejeté l’appel des paroissiens qui voulaient empêcher la fermeture de 10 paroisses dans l’archidiocèse de Boston, aux Etats-Unis. Peter Borre, co-président du Conseil des Paroisses – fondé pour s’opposer à la décision de l’archidiocèse de Boston de fermer 64 églises en 2004 – déclare avoir appris la décision du Tribunal suprême de la Signature apostolique du 7 mai 2010 par un spécialiste de droit canon représentant son groupe à Rome.

Depuis six ans, l’archevêque catholique de Boston, le cardinal Sean Patrick O’Malley, est aux prises avec un large mouvement d’opposition, suite à ses décisions de fermer au moins 20% des paroisses de l’archidiocèse. Les fermetures sont liées à la désaffection des églises, l’audience en diminution aux messes et la baisse démographique. Mais dans une certaine mesure, la crise est également due aux retombées provoquées par les abus sexuels du clergé.

Une décision conforme au droit canon

La décision de la plus haute instance juridique au Vatican signifie que le processus de l’archidiocèse de fermer et de supprimer des paroisses est conforme au droit canon. Cette décision veut aussi dire que les paroissiens n’ont plus de recours au sein de l’Eglise pour exprimer leurs préoccupations. Les représentants paroissiaux et le Conseil se rencontreront début juin après avoir reçu les documents officiels de la Cour et avant de décider pour la prochaine étape, selon Peter Borre qui s’est confié à l’agence de presse catholique américaine «Catholic News Service» (CNS). Il n’exclut pas la possibilité d’un recours devant les tribunaux civils afin d’annuler les fermetures d’églises qui violeraient le droit civil.

Controverse

Dans un communiqué de presse publié sur son site internet, le 17 mai 2010, l’archidiocèse s’est refusé à tout commentaire sur l’action de la Cour. «Jusqu’au moment où nous recevons une décision formelle de Rome», a-t-il précisé. Le débat sur les fermetures des paroisses, selon un plan de reconfiguration draconien de l’archidiocèse de Boston, est controversé: de nombreux catholiques croient que l’effort a été entrepris afin de recueillir des fonds pour payer des dédommagements aux victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé.

Le cardinal Sean Patrick O’Malley assure que l’engagement de l’archidiocèse est absolu: pas un sou provenant de la vente de propriétés paroissiales dans des paroisses fermées par le processus de reconfiguration de l’archidiocèse ne sera utilisé pour dédommager des victimes d’abus sexuels. Les fonds importants que l’archidiocèse utilise pour les victimes proviennent d’autres sources, dont des ventes de propriétés de l’archevêché, les versements d’assurances, etc., mais pas de la vente de propriétés paroissiales dans le cadre du programme de reconfiguration de l’archidiocèse.

En 2003, l’archidiocèse avait conclu avec les avocats de plus de 500 victimes de prêtres pédophiles un accord de dédommagement portant sur quelque 85 millions de dollars. Mais Mgr O’Malley est clair: la fermeture des paroisses n’a cependant aucun rapport avec le règlement de ces indemnisations. (apic/cns/fb)

20 mai 2010 | 08:59
par webmaster@kath.ch
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