Bosnie-Herzégovine: Le pape exhorte les évêques face à la diminution des catholiques

Plus que 440’000 catholiques en Bosnie-Herzégovine

Rome, 29 février 2012 (Apic) Le pape exhorte les évêques de Bosnie-Herzégovine à agir face à la rapide diminution du nombre de catholiques de ce pays. Afin d’enrayer leur chute vertigineuse, Benoît XVI a appelé les évêques de cette région des Balkans et leurs confrères de Croatie à entreprendre ensemble «des initiatives utiles», a expliqué L’Osservatore Romano le 28 février 2012. Dans leur grande majorité, les catholiques bosniens appartiennent à la communauté croate.

Cette incitation à agir ressort d’une lettre envoyée au nom du pape par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, aux membres des conférences épiscopales des 2 pays, réunis les 30 et 31 janvier à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, dont des extraits ont été publiés par le quotidien du Vatican.

Au premier jour de cette rencontre, le nonce apostolique en Bosnie-Herzégovine, Mgr Alessandro d’Errico, a ainsi lu une lettre du cardinal Bertone lors d’une messe célébrée à la cathédrale de Sarajevo. Le numéro deux du Saint-Siège y affirmait que le pape espérait que la réflexion collégiale des évêques des 2 conférences épiscopales contribuerait «à susciter des initiatives utiles, de sorte que le peuple croate puisse continuer à accomplir sa mission ecclésiale en Bosnie-Herzégovine et offrir sa contribution précieuses à la vie civile dans le pays».

Selon L’Osservatore Romano, cette lettre témoigne du «vif intérêt de Benoît XVI pour les catholiques de Bosnie-Herzégovine, dont la grande majorité est de nationalité croate». Le pape appelle de ses vœux des initiatives communes de la part des 2 épiscopats en faveur de la communauté catholique dans ce pays.

De son côté, le cardinal Bertone a attendu de cette réunion qu’elle soit l’occasion d’analyser «la grave question de l’avenir du peuple catholique en Bosnie-Herzégovine, afin de préparer des lignes pastorales communes».

Plus de catholiques dans quelques décennies ?

La présence catholique dans ce pays des Balkans diminue de jour en jour, a indiqué L’Osservatore Romano, selon lequel «elle pourrait disparaître totalement dans quelques décennies si l’on ne parvient pas à arrêter ce processus». Cette baisse s’explique par le fait que de nombreuses personnes ayant fui le pays lors des conflits des années 1990 ne sont jamais revenues, par le départ de nombreux jeunes, poussés à quitter leur pays faute de travail, ainsi que par le faible taux de natalité.

«Devant la gravité de la situation» – on ne compte aujourd’hui plus que 440’000 catholiques en Bosnie-Herzégovine – le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a demandé aux prélats de «combattre le découragement et la résignation et (…) améliorer les conditions de vie de tous les habitants, en particulier des jeunes».

Encadré

#Catholiques bosniens: de 820’000 en 1991 contre un peu plus de 400’000 aujourd’hui

Selon le dernier recensement de la population, en 1991, avant la guerre qui a ensanglanté la Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1995, le pays comptait près de 4,4 millions d’habitants (4,6 millions en 2011) pour une superficie de 51’197 km². Ce sont les catholiques – essentiellement des Croates – qui ont vu leur part diminuer de près de moitié: ils étaient environ 820’000 en 1991 contre un peu plus de 400’000 aujourd’hui, soit 9% de la population, tandis que les Bosniaques musulmans forment plus de la moitié de la population, les Serbes 37 %. Les autres minorités sont les juifs, les Valaques, les Turcs et les Roms.

L’archidiocèse de Sarajevo comptait près de 530’000 catholiques, alors qu’ils sont maintenant moins de 200’000 sur une surface équivalant à la moitié de la Suisse. Dans le diocèse de Banja Luka, aujourd’hui en République serbe de Bosnie (Republika Srpska), les catholiques ne sont plus que 7’000, soit moins du dixième de la population catholique présente dans le diocèse avant «l’épuration ethnique» menée par les forces serbes de Bosnie. Dans le diocèse de Mostar-Duvno en Herzégovine, frontalier au Sud avec la Croatie, grâce à l’apport des catholiques chassés de Bosnie Centrale, le nombre des catholiques n’a par contre pas diminué: ils sont plus de 200’000.

Sarajevo, qui fut longtemps un symbole de la pluralité des ethnies, des cultures et des confessions, s’est transformée en une ville quasi exclusivement musulmane, où les catholiques ne sont plus qu’une quinzaine de milliers. La République de Bosnie-Herzégovine est composée de la Fédération de Bosnie-Herzégovine (croato-musulmane) et de la Republika Srpska (République serbe). (apic/imedia/cp/be)

29 février 2012 | 10:14
par webmaster@kath.ch
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