Afrique du Sud: Une baptiste revendique la paternité des vuvuzelas
Polémique et menaces de poursuites judiciaires
Johannesburg, 2 juillet 2010 (Apic) L’Eglise baptiste de Nazareth du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, désignée localement sous le nom d’Eglise de Shembe, affirme être la créatrice officielle des vuvuzelas, cet l’instrument en plastique fabriqué à l’origine à partir de cornes d’animaux. Qui se fait entendre plus que de raison durant les parties de football du mondial disputé dans ce pays.
L’Eglise de Shembe» affirme qu’un accord est sur le point d’être conclu entre elle et un industriel concernant les droits de propriété industrielle et commerciale de la vuvuzela, une corne dont le son de trompette s’est propagé dans le monde entier à travers la Coupe du monde de football.
Elle menace de poursuivre les autres fabricants en justice pour qu’ils cessent de la produire. L’Eglise déclare que son fondateur, Isaiah Shembe, a inventé en 1910 la trompette en fer-blanc qu’un ouvrier d’une usine de plastique, Neil van Schalkwyk, a vu dans les tribunes dans les années 1990 alors qu’il jouait au football pour le club des Santos du Cap.
En 2001, Neil van Schalkwyk a créé Masincedane Sport, qui a produit depuis environ 800’000 vuvuzelas et, plus récemment, des bouchons d’oreilles destinés aux fans de foot exaspérés par le vrombissement assourdissant que créent les innombrables vuvuzelas lors des matchs de la Coupe du monde en Afrique du Sud.
L’Eglise et Masincedane auraient uni leurs forces alors que de nombreux autres fabricants – 478 en Chine et à Hongkong et 27 rien qu’en Afrique du Sud – profitent de la demande exponentielle pour s’enrichir. Toutefois, le débat fait rage quant à l’origine de l’instrument.
«Nous avons le droit de choisir un partenaire [Masincedane] et de fermer les autres entreprises qui produisent des vuvuzelas. Elles ont pris cet instrument à nos membres et l’ont transformé en morceau de plastique pour se faire de l’argent rapide», a déclaré à la presse Enoch Mthembu, porte parole de l’Eglise de Shembe, cité par l’Agence ENI.
Il a affirmé que les membres de l’Eglise qui fabriquent la corne ont perdu une partie de leur revenu et que l’Eglise a menacé de boycott des sponsors tels que Coca-Cola s’ils continuent d’en faire un outil marketing. L’Eglise compterait quatre millions de membres.
D’autres personnes prétendent que certaines versions de la vuvuzela ont été utilisées dans le monde entier, notamment lors des matchs de rugby, dans les années 1950 en Afrique du Sud. Pour un fabriquant, la vuvuzela est associée à une équipe chinoise de basket, plusieurs dizaines d’années en arrière, et on a constaté que l’instrument a été utilisé lors des carnavals de New York et de Québec.
Néanmoins, l’utilisation de la vuvuzela s’est propagée dans le monde et même à d’autres sports. Les fabricants attendent désormais de voir si l’instance internationale du football, la FIFA, les autorisera lors de la prochaine Coupe du monde, au Brésil, alors que de nombreuses plaintes ont été formulées par des joueurs, des fans et des spectateurs. (apic/eni/pr)



