Rome: L’indissolubilité du mariage faisait déjà débat aux origines de l’Eglise, assure le cardinal Ravasi

Polémiques d’avant Synode

Rome, 19 septembre 2014 (Apic) «La question de l’indissolubilité du mariage faisait déjà débat dans l’Eglise des origines», a souligné le 18 septembre 2014 le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture. Ces propos interviennent alors que le sujet de l’accès à la communion des divorcés remariés fait polémique jusqu’au sein du collège des cardinaux, à l’approche de l’ouverture du Synode des évêques sur les défis de la pastorale familiale, le 5 octobre prochain.

Interpellé sur la question des divorcés remariés, en marge de la présentation d’une édition du «Parvis des gentils» qui doit bientôt se tenir à Bologne, le cardinal Ravasi a d’abord souhaité ne pas faire de déclaration, en raison de son futur rôle de président du message du Synode sur la famille. Le cardinal a toutefois tenu à rappeler que l’indissolubilité du mariage catholique faisait déjà débat aux origines de l’Eglise. «Concernant l’Evangile de Matthieu, les exégètes ne s’accordent pas sur le sens exact de cette fameuse exception ›d’union illégitime’(Matthieu 5,32 ; 19,9)», a souligné le prélat.

Selon le cardinal italien, il y avait, dans l’Eglise des origines, une «certitude absolue» concernant l’indissolubilité du mariage. Pourtant, a-t-il poursuivi, les premiers chrétiens ont dû se confronter au problème pastoral de l’interprétation du verset biblique concernant les unions illégitimes.

Oppositions dans la curie

A l’approche du Synode, la tension est perceptible sur le sujet délicat de l’accès à la communion pour les divorcés remariés. Les cardinaux de la curie et d’ailleurs n’hésitent pas à se renvoyer la balle. Cinq d’entre eux, menés par le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), viennent de signer un ouvrage réfutant toute idée d’ouverture quant à l’octroi de la communion aux couples divorcés remariés. Les coauteurs du livre sont Walter Brandmüller, président émérite du Comité pontifical pour les sciences historiques, Raymond Leo Burke, actuel préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, Carlo Caffarra, archevêque de Bologne, et Velasio De Paolis, ancien président de la Préfecture des affaires économiques du Saint-Siège.

L’ouvrage, à paraître prochainement, intitulé «Demeurer dans la vérité du Christ», se présente comme une réponse à la proposition formulée par le cardinal allemand Walter Kasper, partisan du changement, notamment par le biais d’un possible «chemin pénitentiel». Pour le ›clan Müller’, l’idée d’octroyer la communion aux divorcés remariés ne pourrait «que conduire à des erreurs d’interprétation sur la fidélité et la miséricorde». (apic/imedia/bl/rz)

19 septembre 2014 | 08:26
par webmaster@kath.ch
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