Politique de la drogue en Suisse: la 3e voie de la FEPS

Parution en Romandie de «Drogues – une autre politique»

Lausanne, 8 juin 1997 (APIC) La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) se préoccupe depuis longtemps du sort des toxicomanes et de la politique en matière de drogue en Suisse. Considérant que la politique actuelle conduit à une impasse, elle a émis des propositions qui se trouvent à mi-chemin entre les deux initiatives fédérales sur lesquelles le peuple se prononcera prochainement. Ces propositions viennent de paraître sous forme d’une journal de 8 pages intitulé «Drogues – une autre politique». Les auteurs y prônent une politique du pragmatisme qui privilégie le soutien aux toxicomanes.

Deux initiatives fédérales ont été déposées qui proposent chacune une politique. La première, dite «Jeunesse sans drogue», prône une voie ferme. Si on ne peut guérir un alcoolique en lui procurant de l’alcool, relève-t-on dans les milieux proche de cette initiative, on ne peut davantage venir en aide à un droguer en lui procurant de la drogue, fut-elle de méthadone. Elle pourrait être soumise en votation en automne de cette année ou au printemps 1998.

La seconde intitulée «Droleg» propose une libéralisation de la distribution et de la consommation. Les travaux d’un groupe de travail de la FEPS ont débouché sur la proposition de privilégier une «troisième voie» qui donne la priorité à une politique réaliste de soutien aux toxicomanes. Elle vise à dépénaliser la consommation et à responsabiliser le consommateur, à autoriser l’acquisition de drogue sous le contrôle de l’Etat, à renforcer la prévention, à augmenter les offres de soutien aux toxicomanes et à renforcer la lutte contre le grand trafic de drogue.

Cette proposition a été approuvée par l’Assemblée des délégués de la FEPS lors de sa session d’automne 1994. Etant donné l’importance de l’enjeu et l’influence des références éthiques dans ce débat, l’lnstitut d’éthique sociale (IES) de la FEPS a décidé de diffuser ces propositions sous la forme d’un petit journal. La version en langue allemande a connu un grand intérêt puisqu’elle a déjà été diffusée à plus de 10’000 exemplaires.

Or la Commission sociale de l’Eglise réformée vaudoise et l’IES viennent de réaliser une version en français, qui prend en compte la réalité sociale romande. Outre les propositions du groupe de travail Politique en matière de drogue, il contient plusieurs entretiens avec des autorités ecclésiastiques et politiques ainsi que les témoignages de professionnels (pasteurs, travailleurs sociaux) engagés dans l’action auprès de personnes toxico-dépendantes.

«Nous pensons que les thèmes abordés par ce journal devraient intéresser et donc atteindre aussi bien les paroissiens que les milieux des professions sociales et médicales confrontées à cette question», déclarent les responsables de cette publication, dont le premier tirage se monte à 20’000 exemplaires. Le journal est envoyé ces jours aux responsables des paroisses protestantes romandes, mais aussi aux politiciens et aux milieux intéressés. Des exemplaires peuvent être commandés auprès de l’Institut d’éthique sociale à Lausanne. (apic/spp/pr)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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