Pas un voyage nostalgique, affirme le cardinal Macharski
Pologne: 98ème visite du pape hors d’Italie et 9ème en Pologne depuis son pontificat
Rome/Varsovie, 15 août 2002 (APIC) Le pape entame vendredi 16 août, peu après 16h, sa 98ème visite hors d’Italie et la 9ème en Pologne. Jeudi à Rome, lors de la solennité de l’Assomption, le pape a confié à la Vierge Marie sa visite de quatre jours dans son pays natal, où il se recueillera notamment, au cours d’une visite privée, sur la tombe de ses parents au cimetière de Radkowice, à Cracovie.
En présence de plusieurs milliers de pèlerins présents à sa résidence d’été de Castelgandolfo, le pape a confié à Marie, lors de la prière de l’Angélus, son voyage au pays natal, en lançant comme il le fait souvent: «A Dio piacendo», plaise à Dieu.
De son côté, le cardinal polonais Franciszek Macharski, successeur de Karol Wojtyla comme archevêque de Cracovie, a affirmé que cette visite n’est pas pour le pape un voyage sentimental, mais l’occasion d’annoncer un message au monde entier.
Les spéculations sur une retraite du pape en Pologne sont «absurdes»
Dans une interview au quotidien catholique italien l’Avvenire», le cardinal Macharski réfute jeudi l’idée d’un voyage qui se concentrerait sur les propres traces biographiques du pape. Une telle vision ne correspond en aucune manière à la personnalité de ce pape, a-t-il souligné.
Il ne s’agit pas pour Jean Paul II de rafraîchir par pure nostalgie de jolis souvenirs. Au contraire, le pape veut annoncer un message d’espérance à un monde bouleversé par les attentats du 11 septembre et la tragédie qui ensanglante la Terre Sainte. Le cardinal Macharski a qualifié d’»absurdes» les spéculations sur une retraite du pape qui se retirerait dans un monastère en Pologne à l’occasion de ce «dernier» voyage. Le Vatican a déjà démenti à plusieurs reprises les rumeurs de démission du pape lors de ce pèlerinage en Pologne qui deviendrait ainsi un «voyage au goût d’adieu», comme titrait ce mercredi l’agence de presse internationale Reuters.
Le dernier voyage de cette année
Deux semaines après son périple au Canada et en Amérique centrale, après 2 semaines de repos dans sa résidence d’été de Castelgandolfo, près de Rome, le pape Jean Paul II reprend vendredi son bâton de pèlerin pour se rendre dans son pays natal. Il s’agira de sa neuvième visite en Pologne, et de son 98ème voyage à l’étranger, le dernier programmé cette année. En juin dernier, la Conférence des évêques de Croatie annonçait en effet que Jean Paul II renonçait à sa troisième visite en Croatie prévue en septembre 2002 et la reportait au printemps prochain.
Agé de 82 ans et souffrant de la maladie de Parkinson et d’arthrite, le pape ne fera qu’une escale de quatre jours en Pologne. Son voyage débutera vendredi après-midi au départ de Rome, pour un vol de deux heures. Il ne demeurera que l’espace d’un long week-end à Cracovie, sa ville. Il visitera le samedi le sanctuaire de la Divine Miséricorde de Cracovie- Lagiewniki, où il présidera la messe et la consécration du sanctuaire. En soirée, il rencontrera au palais archiépiscopal de Cracovie le président polonais, l’ex-communiste Aleksander Kwasniewski, puis le Premier ministre et les autorités locales.
A la cathédrale du Wawel
Dimanche, il présidera dans le parc de Blonie, à Cracovie, la messe de béatification de quatre nouveaux bienheureux, dont le Père Jan Beyzym (1850-1912), prêtre polonais, parti à 48 ans pour servir les lépreux à Madagascar où il fonda un hôpital, avant de mourir à Fianarantsoa, le 2 octobre 1912. Plus de deux millions de fidèles sont attendus à cette occasion.
Après un repas avec les évêques de Pologne et les évêques invités, il se rendra en visite privée à la cathédrale du Wawel, où se trouvent les tombeaux des rois de Pologne. Mais c’est surtout en ce lieu chargé d’histoire qu’il reçut le 28 septembre 1958 la consécration épiscopale des mains de l’archevêque Baziak. Peu après, il se rendra sur la tombe de ses parents.
Lundi, le pape se rendra au sanctuaire de la passion de Jésus et de la Vierge aux douleurs de Kalwaria Zebrzydowska à l’occasion du 400ème anniversaire de sa consécration, avant de rentrer à Rome en soirée.
En comparaison avec ce dernier pèlerinage, le voyage de Jean Paul II en Pologne, en 1999, avait duré 13 jours. Ce fut le plus long de son pontificat dans un seul pays. Depuis son élection sur le siège de Pierre en octobre 1978, Jean Paul II a entrepris 233 voyages, qui l’ont mené dans 130 pays (certains à plusieurs reprises) sur les 191 que compte la planète.
Programme allégé
Désormais, en raison de la maladie du pape, un nouveau style de visites pastorales, marquées par des programmes réduits entrecoupées de longs intervalles de récupération, s’est imposé. Mgr Renato Boccardo, qui organise les voyages, et le docteur Renato Buzzonetti, le médecin personnel du pape, calibrent minutieusement à présent les journées du chef de l’Eglise catholique avec un minimum de déplacements et d’engagements dont la durée est écourtée.
Aucun rendez-vous n’est prévu vendredi après l’accueil officiel à l’aéroport de Cracovie, vers 18h15 (heure de Rome). Le lendemain seule une messe figure au programme, célébrée au sanctuaire de la Divine Miséricorde, à Cracovie-Lagiewniki, en banlieue. Le dimanche sera consacré aux retrouvailles avec les fidèles de son ancien diocèse lors d’une messe en plein air célébrée à Blonie, un parc qui peut accueillir jusqu’à deux millions de personnes. Le pape procédera alors à une cérémonie de béatification. Lundi, une seule cérémonie est annoncée: une messe à Kalwaria Zebrzydowska, haut lieu de pèlerinage à 35 km au sud-ouest de Cracovie. Le pape regagnera Castelgandolfo dans la soirée du lundi 19 août. JB
Encadré
Quatre béatifications
L’un des points central du bref séjour de Jean Paul II à Cracovie restera la béatification, dimanche, de Mgr Zygmunt Szczesny Felinski, qui fut archevêque de Varsovie et vécut également en Russie, où il fut l’un des pionniers du catholicisme. Mgr Felinski, originaire de Wojutyn, aujourd’hui en territoire ukrainien, est mort en 1895 à l’âge de 73 ans, à Cracovie, alors terre autrichienne, après avoir été archevêque de Varsovie et avoir été déporté en Sibérie où il a vécu 20 ans.
Devenu prêtre en 1851, après des études de mathématiques à Moscou et Paris, à la Sorbonne et au Collège de France, le nouveau bienheureux n’a été archevêque de Varsovie que 16 mois. Il avait été condamné à la déportation en Sibérie à cause de ses contacts avec Rome, à la suite de l’insurrection polonaise contre le pouvoir tsariste, en janvier 1863. Lors de la même messe, le pape béatifiera également Jan Balicki, un professeur de théologie, mort à Przemysl en 1948 à l’âge de 79 ans, un missionnaire polonais, le Père Jan Beyzym (1850-1912), connu comme «l’apôtre des lépreux» à Madagascar, et la religieuse Sancja Szymkowiak, morte à Poznan en 1942, à l’âge de 32 ans, alors qu’elle se consacrait à aider les prisonniers français et anglais de l’armée allemande. JB
Encadré
Précédentes visites pastorales en Pologne
Le pape se rend pour la 9ème fois en Pologne. Les précédentes visites eurent lieu: en 1979 (2 au 10 juin); 1983 (16 au 23 juin); 1987 (8 au 14 juin); 1991 (1er au 9 juin); 1991 (14 et 15 août, à l’occasion des 6ème JMJ à Czestochowa); 1995 (22 mai); 1997 (31 mai au 10 juin); 1999 (5 au 17 juin). JB
Encadré
Sur fond de crise économique
C’est un pays particulièrement touché par la crise économique que jean Paul II retrouvera en fin de semaine. Longtemps considéré comme le pays le plus performant économiquement en Europe centrale et orientale, la Pologne fait aujourd’hui face à une crise financière, malgré un net recul de l’inflation tombée en juin à 1,6% sur un an, contre une moyenne annuelle de 5,5% en 2001. Le chômage a touché en juin 17,3% de la population active, après avoir atteint le taux record de 18,1% en mars dernier. Quant à la croissance économique, elle est passée de 4% en 2000 à 1% en 2001, tandis que les prévisions les plus optimistes du gouvernement pour l’année en cours ne dépassent pas 1,5%. La Pologne fait partie des dix candidats à une entrée dans l’Union européenne en 2004. Le Premier ministre Leszek Miller a fait de l’adhésion à l’Union européenne (UE) la priorité de son gouvernement, une adhésion largement défendue et soutenue par Jean Paul II. JB
Encadré
Mgr Barbarin du voyage
Mgr Philippe Barbarin, nommé en juillet archevêque de Lyon, accompagnera le pape en Pologne, a indiqué mardi l’archevêché de Lyon. A l’invitation du cardinal Franciszek Macharski, archevêque de Cracovie, Mgr Barbarin participera en particulier à la messe de béatification du missionnaire polonais Jan Beyzym (1850-1912)», mort auprès des lépreux de Madagascar. Mgr Philippe Barbarin, 51 ans, a été nommé archevêque de Lyon en remplacement de Mgr Louis-Marie Billé, décédé en mars 2001. Encore évêque de Moulins, le nouveau Primat des Gaules doit prendre officiellement ses fonctions le 14 septembre prochain. (apic/ag/vat/cic/pr/be)



