Vague de protestations
Pologne: Clinique d’avortements flottante dans le port de Wladyslawowo au nord de Gdansk
Gdansk, 24 juin 2003 (Apic) Un bateau hollandais équipé d’une clinique d’avortements est amarré depuis le 20 juin dans le port polonais de Wladyslawowo au nord de Gdansk. Son arrivée a provoqué une vague de protestations en Pologne. L’archevêque de Gdansk, Mgr Tadeuz Goclowski a déclaré : «nous ne devons pas laisser entrer des criminels dans nos eaux territoriales commettre des crimes contre nos enfants».
Le navire de l’association hollandaise de défense des droits de la femme «Women of Wawes» a été accueilli sous les applaudissements d’un petit groupe de femmes polonaises, tandis qu’une douzaine de protestataires lançaient des pots de peinture rouge contre le bateau.
Bien que le navire soit équipé d’une clinique permettant une interruption de grossesse chirurgicale, l’association hollandaise se contentera de distribuer la pilule abortive RU-486, après avoir emmené les femmes désireuses d’interrompre leur grossesse dans les eaux internationales.
Selon Justyna Wlodarczyk, une féministe polonaise, la démarche de «Women of Wawes» est principalement «d’attirer l’attention sur le fait que la législation anti-avortement pratiquée en Pologne est mauvaise, absurde, facile à contourner et de fait quotidiennement contournée.»
Législation stricte
La législation polonaise autorise l’avortement dans les 12 premières semaines de grossesse uniquement dans les cas de viol, inceste, mise en danger de la vie de la mère, ou risque de malformation irréversible de l’embryon. Les médecins qui réalisent des interruptions de grossesse sont passibles deux ans d’emprisonnement. Les femmes par contre ne sont pas poursuives.
La Ligue polonaise des familles, un organisme ultraconservateur, a demandé que le bateau de «Women of Wawes» soit interdit d’amarrage dans tous les ports polonais et que les membres de l’association soient poursuivis pour incitation au crime.
Le président polonais Alexander Kwasniewski a déclaré sur les ondes de la radio d’Etat «Trojka», que l’arrivée de la clinique d’avortements flottante «pose un problème légal et moral». Il a en outre précisé «qu’il appartient a chacun de faire son propre jugement moral, le mien est 100% négatif.» (apic/ag/sh)



