Villageois massacrés en août 2007

Pologne: Des évêques prennent la défense de soldats accusés de crimes en Afghanistan

Varsovie, 20 août 2008 (Apic) Deux évêques catholiques ont réclamé un procès équitable pour les soldats polonais accusés de crimes de guerre en Afghanistan alors qu’ils servaient aux cotés de troupes des Etats-Unis et de l’OTAN. Ils ont toutefois souligné que les soldats avaient des obligations vis-à-vis de leurs prochains.

«Contrairement à une opinion fort répandue dans les médias, nous ne prononçons pas de jugements», a déclaré Mgr Tadeusz Rakoczy, évêque de Bielsko-Zywiec, aux membres de l’Eglise présents au sanctuaire marial de Rychwald, près de Zywiec. «Nous voulons voir un procès juste et équitable, et par-dessus tout, nous voulons la paix dans les coeurs de ces sept familles qui ont du faire face à tant de souffrances. Nous voulons leur donner des forces par nos prières».

Prêchant lors d’une messe organisée pour les unités de l’armée polonaise de son diocèse situé au sud de la Pologne, l’évêque a déclaré que l’unité de forces spéciales – dont sept membres sont en attente d’un procès en relation avec «l’incident» – devrait être fière de ses réalisations. En novembre 2007, sept soldats de retour de mission en Afghanistan (dans le cadre de l’ISAF-FIAS) avaient en effet été arrêtés en Pologne, et accusés d’avoir tué huit civils afghans, dont des femmes et des enfants le 16 août 2007, près du village de Nangar Khel.

«Que chaque bonne action que vous avez réalisée dans notre pays et à l’étranger crée un sentiment de devoir accompli envers Dieu lui-même, ainsi qu’envers nos prochains dans le besoin et toute notre patrie», a déclaré Mgr Rakoczy aux soldats. «En servant cette patrie, vous acceptez également sa douleur et ses craintes».

L’armée polonaise se défend d’avoir commis des crimes de guerre

L’armée polonaise a déployé 1’200 soldats en Afghanistan, qui luttent surtout contre les insurgés talibans dans le sud du pays. Les sept soldats, arrêtés en novembre, risquent la prison à vie s’ils sont condamnés pour avoir tiré sur le village août 2007 sans avoir été provoqués ni être menacés. Un rapport d’accusation de 65 pages a été préparé par le Tribunal militaire du district de Varsovie concernant «l’incident». Cependant, le général Waldemar Skrzypczak, commandant des forces terrestres polonaises, a insisté sur le fait que les soldats sont innocents de tout acte prémédité, et a menacé de démissionner s’ils étaient reconnus coupables.

Par ailleurs, la Convention des officiers polonais a, dans une lettre ouverte, protesté contre le traitement réservé aux soldats. Les officiers ont affirmé qu’ils ressentaient «de la honte et de l’embarras» à la vue des images les montrant à la télévision menottés et traînés dans le bureau du procureur. L’évêque aux armées de Pologne, Mgr Tadeusz Ploski, a également apporté son soutien aux soldats, offrant des chapelets et des livres de prière lors de ses deux visites en prison.

«Nous confions ces soldats, qui sont au service de la défense de la paix loin de leur foyer et de leur famille, aux soins maternels de Marie», a déclaré l’évêque – qui détient le grade de général de corps d’armée – lors de la messe de l’Assomption célébrée au sanctuaire national de Jasna Gora le 15 août, date correspondant également à la Journée de l’armée polonaise. L’évêque, âgé de 52 ans, qui est à la tête de 190 aumôniers catholiques servant auprès des forces polonaises à l’étranger, a soutenu la présence militaire de son pays en Afghanistan et en Irak, bien que les sondages indiquent que les deux tiers des Polonais s’y opposent. (apic/eni/be)

20 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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