Ils ont visé des civils afghans sans défense
Pologne: L’évêque aux armées prie pour les soldats polonais jugés pour crimes de guerre
Varsovie, 28 novembre 2007 (Apic) Mgr Tadeusz Ploski, l’évêque du diocèse aux armées de Pologne, a dit soutenir par ses prières les sept soldats polonais jugés pour crimes de guerre commis en Afghanistan. «L’Eglise accompagne ces soldats avec ses prières dans le dilemme de leur conscience», a déclaré Mgr Ploski. Six commandos appartenant à la mission polonaise en Afghanistan ont été accusés par les procureurs militaires d’avoir mené le 16 août dernier une attaque préméditée visant des civils sans défense.
Six civils afghans, dont des femmes et des enfants, ont été tués lors de cette «bavure» et la hiérarchie militaire polonaise a été accusée par la presse d’avoir tenté d’étouffer l’affaire. Le médiateur de la République polonaise, Janusz Kochanowski, a exprimé ses plus vifs regrets envers le peuple afghan, alors qu’il n’y a pas un jour sans que les militaires du corps expéditionnaire occidental en Afghanistan ne soient accusés de «dommages collatéraux». Dernier incident en date: le bombardement ce mercredi par un avion de l’OTAN d’ouvriers qui travaillaient sur une route du Nouristan, au nord-est de l’Afghanistan, qui a causé la mort de douze personnes.
«Dans cette lutte entre le bien et le mal, nous sommes toujours avec vous dans nos prières», a déclaré l’évêque polonais aux armées en rendant visite lundi pour la deuxième fois aux inculpés emprisonnés à Varsovie. Il leur a remis des chapelets et des livres de prière.
Le général démissionnera si ses soldats sont déclarés coupables
Selon le Parquet de Poznan, les soldats polonais mis en accusation ont tiré sur des civils sans armes, ils ont menti, car ils n’étaient pas menacés et ne se sont pas défendus contre les talibans. Ces commandos de l’unité Delta devaient répondre aux attaques des talibans à l’aide de tirs de mortier visant le village de Nangar Khel, d’où des attaques auraient pu provenir.
Durant une cérémonie en l’honneur d’un bataillon de commandos de retour d’Afghanistan, Mgr Ploski a déclaré que les Polonais avaient toujours eu confiance en leurs troupes et que «les accusations hâtives et les diffamations» devaient faire place «à la recherche de la justice dans l’esprit du Christ».
Le chef des forces armées terrestres polonaises, le général Waldemar Skrzypczak, a expliqué pour sa part qu’il refusait de croire que ses soldats aient pu commettre un crime de guerre ou des actes prémédités de ce type. Il a annoncé qu’il quitterait l’armée si leur culpabilité devait être prononcée. La journaliste Iwona Ostapkowicz, dans le journal «Courrier International», cite un autre général polonais qui estime que l’opération en Afghanistan étant une guerre contre le terrorisme, «dans ce cas, les conventions de La Haye et de Genève ne s’y appliquent pas.» L’armée polonaise a envoyé 1’200 soldats en Afghanistan dans le cadre de la mission de l’OTAN.
Dans un premier temps, les soldats mis en accusation avaient fait croire que les civils avaient été tués lors d’une embuscade tendue par les talibans. Mais il a d’ores et déjà été établi que les soldats, qui ont tiré au mortier sur un village afghan, n’avaient pas été attaqués. Après le pilonnage du hameau, les soldats ont filmé leurs victimes. Le procureur a demandé des peines de prison à perpétuité pour 6 soldats et une peine de 25 ans de prison pour le septième. (apic/cns/com/be)




