Elle doit favoriser un rapprochement entre religion et science

Pologne: La découverte des restes de Copernic est une aubaine, assure un évêque

Varsovie, 23 décembre 2009 (Apic) Un évêque catholique polonais, qui a organisé la recherche des restes de Nicolas Copernic, considéré comme le père de l’astronomie moderne, espère que la découverte des restes de Copernic – 1473-1543 – permettra un rapprochement entre religion et science, et que l’aboutissement de cette recherche permette de résorber les tensions.

«De son vivant, il y avait des catholiques et des protestants qui sympathisaient avec lui, mais il y en avait également, dans les deux Eglises, qui rejetaient sa vision du monde», a déclaré Mgr Jacek Jezierski, évêque auxiliaire catholique de l’archidiocèse polonais de Warmie, cité par l’Agence oecuménique ENI. «Le conflit entre l’interprétation des saintes Ecritures et l’observation empirique a entraîné un sérieux malentendu, auquel nous avons progressivement renoncé».

L’évêque s’est exprimé après que des examens médico-légaux en Pologne et en Suède eurent confirmé que les restes étaient bien ceux de l’astronome. Mgr Jezierski a souligné que Copernic travaillait alors que les nouvelles sciences qu’étaient la physique et les sciences naturelles étaient en conflit avec le système aristotélicien, auquel se conformaient l’Eglise et les théologiens.

Après la mort de l’astronome, son travail fut inscrit à l’Index Librorum Prohibitorum (index des livres interdits) par l’Eglise catholique. C’était une époque où beaucoup de gens «faisaient l’erreur de considérer qu’une vision philosophique était absolue, sans s’intéresser aux nouvelles perspectives et découvertes», a commenté Mgr Jezierski.

Il a affirmé qu’un concours serait organisé pour la construction d’un sarcophage pour Copernic (1473-1543), qui a émis la théorie selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil. Le sarcophage serait destiné à une nouvelle inhumation de Copernic, qui se déroulera à l’occasion du 750e anniversaire du chapitre de la cathédrale de Frombork, en 2010.

Le progrès de la reconnaissance

«Le fait de préparer une nouvelle tombe pour Copernic dira quelque chose à notre sujet : que nous reconnaissons son génie et sa grandeur et que nous acceptons le progrès de la connaissance», a déclaré Mgr Jezierski à ENI. «Copernic est un personnage important de notre culture et de notre tradition et il doit être considéré comme l’un des plus grands Polonais de l’histoire», a ajouté l’évêque.

L’astronome est né à Toruñ, qui faisait alors partie de la Prusse royale, une région du Royaume de Pologne. Copernic a étudié à Cracovie, Bologne et Padoue. Il a par la suite été le médecin personnel et chancelier de son oncle l’évêque de Warmie, Lucas Watzenrode.

Connu en polonais sous le nom de Mikolaj Kopernik, il aurait émis sa théorie de l’héliocentrisme entre 1508 et 1514, dans un manuscrit connu sous le nom de «Commentariolus» (petit commentaire). Sa dernière thèse d’envergure, «De Revolutionibus», publiée à Nuremberg l’année de sa mort, a eu une influence majeure sur d’autres penseurs, tels que Galilée, Descartes et Newton.

Copernic a également participé à la défense d’Olsztyn, en Pologne, contre les attaques des Teutons en 1520 et 1521, et a été candidat au poste d’évêque de Warmie lorsqu’il était chanoine de la cathédrale en 1537. (apic/eni/pr)

23 décembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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