Un événement dans l’histoire du judaïsme d’après-guerre
Pologne: La synagogue fermée depuis la guerre à nouveau ouverte à Auschwitz
Varsovie, 13 septembre 2000 (APIC) Plus de 400 personnalités du monde entier, dont un bon nombre de survivants du camp de la mort, ont assisté mardi à la réouverture d’une synagogue à Auschwitz. Cet événement est considéré par les milieux juifs comme un point fort de leur histoire d’après guerre.
«L’ouverture de cette synagogue démontre la force de la vie dans un endroit où il y a eu beaucoup trop de morts», a expliqué Daniel Eisenstadt, directeur général de la Fondation du Centre juif d’Auschwitz qui a mené les efforts de reconstruction de ce bâtiment pour un coût de 10 millions de dollars (11,5 millions d’euros). «Finalement, après un camp de mort, un camp de vie a été créé», a commenté pour sa part Michael Lewan, représentant du gouvernement américain. Dans un message transmis par l’ambassadeur des Etats-Unis, le président Bill Clinton a souligné que la synagogue d’Auschwitz est un monument vivant, qui conservera la mémoire de millions de morts.
Une cérémonie religieuse, qui s’est déroulée aux abords de la synagogue, trop exiguë pour l’occasion, a symbolisé le retour des juifs dans la ville.
Au moins 1,5 million d’hommes, de femmes et d’enfants, dont plus d’un million de juifs de divers pays d’Europe occupés par l’Allemagne nazie, ont été exterminés dans le camp d’Auschwitz de 1942 à 1945, ainsi que 85’000 Polonais non juifs, 20’000 Tziganes, 15’000 Soviétiques et 12’000 ressortissants d’autres nationalités.
500’000 visiteurs par année
La synagogue ainsi qu’un centre culturel seront accessibles aux 500’000 visiteurs, dont près de 50’000 juifs, qui se rendent dans le camp chaque année. Le bâtiment de la synagogue Chevra Lomdei Michnayot fut le seul parmi la douzaine de synagogues d’Auschwitz à demeurer intacte après l’Holocauste dans cette ville où les juifs étaient majoritaires avant la Seconde guerre mondiale.
Le bâtiment a servi d’entrepôt pour des armes pendant la guerre, puis de hangar pour stocker des tapis pendant la période communiste jusqu’à ce qu’il soit rendu en 1997 en vertu d’une loi sur la propriété des communes. (apic/com/bb)



