Pour une Europe basée sur les valeurs chrétiennes
Pologne: Le pape Jean Paul II s’adresse au parlement polonais
Varsovie, 1 juin 1999 (APIC) Le pape a souhaité vendredi devant le parlement polonais la construction d’une Europe unie, basée sur les valeurs chrétiennes. Il a également rappelé la révolution pacifique de l’Europe centrale en 1989. Pour ce premier discours d’un pape devant un parlement national, Jean Paul II a mis en garde contre une vision qui réduirait l’Europe à ses aspects politiques et économiques.
Le chef de l’Eglise catholique s’est élevé conte un mode de vie purement axé sur la consommation. Le «Sejm» qui rassemble la chambre des représentants et les sénateurs a salué les propos du pape par des applaudissements de plusieurs minutes. Outre les 560 parlementaires, tous les dirigeants gouvernementaux étaient également présents, sans compter les anciens comme le général Jaruzelski et le président Walesa.
Pour que l’unité de l’Europe soit durable, elle doit se baser sur des valeurs spirituelles. La richesse et la diversité des cultures et des traditions nationales doivent être respectées. L’Europe unie doit être une Europe de l’esprit, a souligné Jean Paul II.
De fait le pape a centré l’essentiel de son discours sur le changement historique vécu par la Pologne depuis son premier voyage dans sa patrie en 1979. La conviction fondamentale des opposants de l’époque était que la dignité de l’homme devait se trouver au centre de la politique. C’est un héritage qui oblige la Pologne d’aujourd’hui, a souligné Jean Paul II.
Sans le syndicat «Solidarnosc», l’Europe n’aurait pas pu dépasser sa division, a déclaré le pape polonais, évoquant l’image symbolique du président Helmut Kohl sous la Porte du Brandebourg à Berlin. La Pologne ne doit jamais oublier ces événements historiques. La société future doit s’orienter sur les idéaux de ceux qui dans le passé ont lutté pour la liberté.
La dignité de l’homme doit être au centre de la politique et de la loi. Un Etat même pluraliste ne peut pas renoncer à des normes éthiques. Une démocratie sans valeurs aboutit facilement à la dictature totalitaire, avertit Jean Paul II. Le but de la politique est une société plus humaine et plus juste. A cela appartiennent la protection de la vie et de la famille, le droit au travail et une attention aux plus démunis.
Avant son discours devant le parlement, le pape a rencontré le président Alexandre Kwasnievski pour un bref entretient privé. Autre moment symbolique après la visite au parlement, le passage devant le monument aux morts de l’armée polonaise de la deuxième guerre mondiale. (apic/kna/mp)




