La dignité et la liberté exigent le respect du droit moral

Pologne: Les évêques catholiques polonais lancent une campagne contre la pornographie

Varsovie, le 6 octobre 1998 (APIC) A l’occasion de la rentrée scolaire, les évêques catholiques polonais ont lancé une campagne contre la pornographie qui sévit dans le pays. «Il n’y aucune raison de tolérer un mal sans réagir, même s’il se déguise et se présente comme une revendication de liberté», écrivent les évêques dans une lettre pastorale distribuée en fin septembre aux paroisses polonaises.

Les 114 évêques précisent dans leur lettre que le matériel pornographique est aujourd’hui accessible à tous en Pologne, même s’il est condamné comme une «offense grave» par l’enseignement catholique. Ils demandent le soutien de ceux qui veulent l’éliminer de la vie nationale. «Quelle ironie de constater que la préoccupation commune pour la pureté de l’environnement naturel -air, eau et nourriture- se combine avec une absence de préoccupation pour la pureté des cœurs, détruite par l’érotisation de la vie», constatent les prélats polonais.

«La création d’idoles contemporaines qui avilissent la dignité humaine doit être contrecarrée par un sentiment de responsabilité sociale pour le sort temporel et éternel de l’homme. Le code pénal polonais prévoit deux ans d’emprisonnement pour la circulation de matériel pornographique qui peut obliger quelqu’un à le recevoir contre son gré», précise la missive épiscopale.

Absence d’une définition reconnue de la pornographie

Des revues de pornographie dite «dures» sont pourtant vendues à très bas prix dans des kiosques. Elles trouvent souvent parmi les magazines pour enfants dans des supermarchés. Des contrôles plus stricts ont été réclamés par un des partis de la coalition gouvernementale, la Fédération des mouvements pour le respect de la vie «Pro-life», soutenue par l’Eglise et des paroisses catholiques.

Le président de la radio d’Etat et de la commission de la télévision, Boleslaw Sulik, a annoncé qu’il allait refuser les autorisations à des chaînes étrangères telles que «Rendez-vous» et «Adult Channel» et introduire un système permettant d’indiquer quels sont les programmes déconseillés aux enfants. «Mais les mesures efficaces sont freinées par l’absence d’une définition reconnue de la pornographie», a-t-il ajouté.uRécemment, la chaîne publique de télévision a reçu une amende d’environ 125’000 francs suisses pour avoir diffusé, en un temps de grande écoute, un film violent, «Hard Poker in little Tokyo». Une chaîne câblée a reçu aussi une amende pour avoir diffusé le film américain «Crash» et risque des poursuites pénales pour avoir montré un film pornographique. Le directeur de la chaîne câblée, Lech Rywin, a déclaré qu’il allait infliger des sanctions aux employés responsables de la projection de ce film, qui comprenait des scènes pornographiques, en rappelant que la chaîne pouvait diffuser du «matériel érotique mais non pornographique».

A la mi-septembre, le cardinal Franciszek Macharski, de Cracovie, a condamné l’abandon, par un tribunal local, d’une action en justice intentée par l’Eglise contre les distributeurs d’annonces publicitaires pour le film américain de 1997 sur la vie de Larry Flint: une affiche montrait un acteur dans une pose de crucifié entre les cuisses d’une femme.

Interdire la propagation de matéériel dangereux sur le plan moral

Dans leur lettre pastorale, les évêques catholiques soulignent que les informations faisant état de l’utilisation d’enfants dans des films pornographiques démontrent que le «fléau de la pornographie» mérite la plus grande attention. Ils ajoutent que la vente de matériel pornographique devrait être interdite et demandent que des mesures soient prises pour soutenir les efforts des écoles et des institutions familiales.

Lors d’une réunion, le directeur de la Commission des affaires familiales et sociales du Sénat, Dariusz Kleczek aexhorté les prêtres à signaler au procureur, l’exposition, dans les kiosques et magasins, de revues pornographiques. Il a ajouté que la Commission était en train de préparer une loi interdisant la propagation de «matériel dangereux sur le plan moral», mais a ajouté que l’indifférence publique permettait aux opposants libéraux de faire valoir que ces pratiques étaient acceptées. (apic/eni/ab)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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