Les vocations ont chuté d’un tiers depuis la mort de Jean Paul II
Pologne: Les ordres religieux polonais se tournent vers la publicité
Varsovie, 13 juin 2007 (Apic) Les ordres religieux catholiques romains de Pologne s’en remettent à la publicité pour tenter d’enrayer le déclin des vocations.
«Cela fait deux mille ans que l’Eglise fait de la publicité pour elle-même,» a déclaré Dariusz Kowalczyk dans le quotidien Gazeta Wyborcza. Dariusz Kowalczyk est à la tête de l’ordre jésuite en Pologne. «Aujourd’hui, les publicités sont plus sophistiquées et ce n’est pas étonnant; il y a l’Internet et l’impression en couleur et ce serait un péché de ne pas les utiliser,» a-t-il commenté.
On pouvait voir dans le journal un panneau d’affichage sur une église de Varsovie représentant deux moines sur un chemin de campagne, au dessous desquels était inscrit «Rejoignez-nous !» Une autre publicité, montrant un homme avenant et mal rasé portant un col d’ecclésiastique, indiquait : «Un dur ? Non, un jésuite.»
Plusieurs ordres font également de la publicité par courrier direct. Selon Gazeta Wyborcza, une congrégation féminine contemplative propose «une vie passionnée en retrait du monde».
Le père Bartlomiej Kröl, webmestre d’un nouveau site Internet monastique, www.zakon.pl, a déclaré que les ordres tels que les franciscains et les dominicains avaient maintenant des spécialistes en «promotion du recrutement», sachant également «donner une image aux ordres religieux».
Soeur Jolanta Olech, présidente de la Conférence des supérieures majeures de Pologne, a affirmé que les religieux et religieuses catholiques romains faisaient volontiers usage des «possibilités modernes» pour promouvoir la vie contemplative. «Comme je ne vais pas dans la rue tous les jours, je n’ai pas vu les dernières publicités,» a-t-elle déclaré à l’Agence oecuménique ENI.
Les vocations religieuses ont doublé en Pologne après l’élection du pape Jean Paul II, en 1978. Toutefois, l’agence de presse catholique KAI a indiqué en avril que le recrutement dans les 57 ordres masculins et les 113 ordres féminins avait chuté d’un tiers.
Selon Jolanta Olech, la plupart des ordres utilisent aujourd’hui des ordinateurs et des téléphones portables pour communiquer et promouvoir leur travail. «Nous avons un problème de vocations aujourd’hui, et ce ne sont pas les affiches et les panneaux publicitaires qui le résoudront», a-t-elle néanmoins convenu. (apic/eni/pr)



