Sus au carriérisme

Pologne: Les prêtres polonais priés de cesser de traiter l’Eglise comme une entreprise

Varsovie, 15 avril 2008 (Apic) Les évêques catholiques de Pologne ont exhorté le clergé de leur pays à considérer la prêtrise comme un «service» plutôt que comme une «carrière» offrant une bonne rémunération et des perspectives.

Dans une lettre adressée au prêtres à Pâques, la Conférence épiscopale polonaise déplore que de nombreux catholiques, y compris certains prêtres, pensent qu’être employé par l’Eglise est un contrat qui peut être signé, amendé, voire même annulé. «On entend même parfois que le travail paroissial doit se fonder sur un contrat dans lequel chaque tâche doit être spécifiée. Nous sommes alarmés par cette attitude envers la vocation à la prêtrise, qui devrait être désintéressée par essence», ont indiqué les évêques.

Les préoccupations vont croissant en Pologne quant à l’évolution des vocations à la prêtrise, les admissions dans les 84 séminaires catholiques du pays ayant chuté de 24 % en 2007.

Dans sa lettre, qui a été divulguée à la presse, la Conférence épiscopale a expliqué qu’en Pologne, l’Eglise était traitée comme une entreprise bien organisée et la prêtrise comme un emploi qui pouvait être évalué selon les normes de ce monde. Les évêques ont tenu à rappeler que seul un lien personnel profond avec le Christ, en acceptant sa façon de servir l’humanité, est la caractéristique clé de chaque chrétien, et en particulier de chaque prêtre. Selon eux, c’est le premier critère d’acceptation des candidats à l’ordination.

La lettre a été diffusée juste avant le troisième anniversaire de la mort du pape Jean Paul II, le 2 avril, qui a été marqué par des messes et des commémorations dans tout le pays, ainsi que par de nouveaux appels en faveur de la proclamation du pape polonais en tant que saint. Les évêques ont rappelé que Jean-Paul II avait souvent mis en garde contre «les dangers issus d’une civilisation et d’une idéologie qui proposent une vie humaine sans Dieu». Dans leur lettre, les évêques ont demandé : «Avons-nous entendu cet avertissement, et avons nous fait en sorte que son diagnostique soit entendu plus souvent par les catholiques de Pologne ?» (apic/eni/js)

15 avril 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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