Mgr Jozef Glemp fait l’auto-critique de l’Eglise
Pologne: Les relations entre l’Eglise et l’Etat (221193)
Varsovie, 22novembre(APIC) Le Primat de Pologne, le cardinal Jozef Glemp,
dans une interview accordée au mensuel allemand «Die Zeit», estime que
l’Eglise catholique polonaise a commis des erreurs et a fait des fautes
dans les années qui ont suivi la chute du communisme dans son pays. Le succès électoral de la gauche laïque, lors des dernières élections parlementaires en septembre dernier, a pour lui une profonde signification: «C’est
un avertissement de Dieu» à l’Eglise. Pour qu’elle analyse le passé et planifie le futur d’une manière plus critique.
Quand on l’interroge pour savoir si les évêques et le clergé se sont
trop mêlés de politique, le cardinal Glemp répond: «Peut-être pas assez!»:
On aurait dû s’efforcer de créer une plate-forme pour faire connaître non
seulement les valeurs chrétiennes, mais aussi les valeurs solides des autres. En Pologne, ajoute le primat de Pologne, nous n’avons pas de bonnes
conditions pour créer un modèle de démocratie chrétienne à la mode occidentale. J’espère en un parti qui s’inspire du type des anciens partis démocrates-chrétiens.
Le nouveau rôle de l’Eglise
L’Eglise manque encore d’une statégie. Elle doit être consciente qu’elle
doit former des laïcs chrétiens, a dit encore Mgr Glemp à un vieux journaliste Hansjakob Stehle. L’Eglise doit d’abord s’habituer à son nouveau rôle. Au temps du communisme, elle était la seule institution à pouvoir parler presque librement. Maintenant, en ce temps de démocratie, qui a aussi
des des tendances anti-chrétiennes et sécularistes, l’Eglise se trouve devant un sérieux problème: elle n’a pas tout de suite compris comment elle
devait s’adresser aux personnes modernes qui cherchent une orientation pour
leur comportement. Parce que nous n’avons pas compris ceux – ils sont nombreux – qui cherchent une orientation – et qui sont très croyants, parce
que nous n’avons pas compris non plus ceux qui n’ont pas toujours suivi les
règles de l’Eglise. Il s’agit de nous ouvrir au dialogue. Nous devons nous
parler les uns les autres.
A la question posée: «Pensez-vous que l’Eglise est responsable du nouveau anti-cléricalisme qui existe actuellement en Pologne?», Mgr Glemp répond évasivement. Quant à l’anticléricalisme qui existe maintenant après
les élections, il est beaucoup moins fort qu’auparavant: «Oui je suis surpris, combien on s’est calmé. En Pologne, l’anticléricalisme est aussi pesant. Cependant le sécularisme est programmé, ajoute-il.
La religion et la liberté
Selon le cardinal, l’Eglise doit justifier sa cause et se défendre depuis le temps de Napoléon: «Je vois cette tendance constante dans l’histoire de la Pologne, mais je ne veux pas cependant peindre le diable sur la
muraille». La religion est liée à la liberté. Elle veut être acceptée par
des hommes libres. C’est une exigence abolue.
Au sujet des relations entre l’Eglise et l’Etat, Mgr Glemp refuse le mot
«séparation». Le mot séparation, pour lui, est un concept léniniste qui a
toujours fonctionné dans son pays parce que tous les juristes de Pologne
l’ont appris dans les Universités. Le cardinal de Varsovie préfère les expressions «autonomie» et «travail en commun». Elles devraient figurer dans
le futur concordat, non encore ratifié, (apic/kpr/ba)



